Œuvre

La Femme (1860)

La femme est une religion.
Il faut, il faut absolument que la femme soit gracieuse. Elle n'est pas tenue d'être belle. Mais la grâce lui est propre.
Ses yeux rayonnent d'affectueuse douceur.
L'amour, l'aiguillon tout puissant de nos activités humaines!
L'aiguillon de la chaleur, comme un trait de guêpe, irrite.
On s'aime à mesure qu'on se connaît mieux, qu'on a vécu ensemble et beaucoup joui l'un de l'autre.
Toute folie de la femme est une sottise de l'homme.
Elles sont trop assoties de leurs fils pour croire l'évidence même.
Toute femme est un autel, la chose pure, la chose sainte, où l'homme, ébranlé par la vie, peut à chaque heure trouver la foi ...
Alors la conversation n'est point le vain bavardage que nous entendons partout, l'éternel sautillement où les cerveaux vides ont tout l'avantage.
Le berceau est pour la plupart un petit moment de lumière entre la nuit et la nuit.
Maudit qui brise une femme, qui lui ôte ce qu'elle avait de fierté, de courage, d'âme!
Même dans une société libre, il y aura toujours des captifs, ceux de la misère, ceux de l'âge, ceux des préjugés, des passions.
Les mouvements déréglés, l'agitation effrénée, ne sont pas plus nécessaires au bonheur de l'enfant grandi que le chaos des sensations confuses ne l'a été au nourrisson.
Les bons meurent souvent seuls, et ceux qui consolèrent ne sont pas toujours consolés.
Elle travaillait chez elle, ou continûment tout le jour, ou en coupant son travail des soins du ménage.
Les mariages entre parents qui peuvent affaiblir les faibles et les faire dégénérer, fortifient, au contraire, les forts.
La parole de la femme, c'est le dictame universel, la vertu pacificatrice, qui partout adoucit, guérit.
Toute femme est une école, et c'est d'elle que les générations reçoivent vraiment leur croyance.
Quiconque enseigne une femme à ces degrés supérieurs est son prêtre et son amant.
La douleur et les misères maigrissent, mais ne fanent pas comme les excès et les jouissances.
On s'aime à mesure qu'on se connaît mieux.
La femme a toute sa vie un besoin d'épanchement. Donc, toute petite encore, sa mère la prenait sur elle chaque soir, et, coeur contre coeur, la faisait parler. Oh quel bonheur de s'epancher.
Le coeur des mères se fond en douces caresses, en gâteries, en mille soins utiles et inutiles.
De l'homme à la femme tout est musique d'amour, musique de foyer et d'alcôve. Un duo, c'est un mariage. On ne prête pas son coeur, mais on le donne un moment, on se donne, et plus qu'on ne veut.