Auteur

Jules Michelet

La pauvre et dure Bretagne, l'élément résistant de la France, étend ses champs de quartz et de schiste depuis les ardoisières de Châteaulin près Brest jusqu'aux ardoisières d'Angers.
Plus l'arène est resserrée, plus les combats seront furieux.
On se souvient alors avec horreur qu'au moment du passage, la trombe, aspirant l'eau, aspirait aussi le navire, voulait le boire, le tenait suspendu dans l'air et hors de l'eau, puis elle le lâchait, le faisait plonger dans l'abîme.
Auprès des assemblées comme auprès des femmes, l'assiduité sera toujours le premier mérite.
Les assiégés, la faim aux dents, allaient être obligés de leur demander grâce.
Elles sont trop assoties de leurs fils pour croire l'évidence même.
Les plus faibles des créatures, les atomes à coquilles, les méduses microscopiques.
L'attaque de la Bastille ne fut nullement raisonnable, ce fut un acte de foi.
Le peuple attribue tous les maux aux personnes plus qu'aux choses.
Robespierre n'avait point l'audace politique, le sentiment de la force qui fait qu'on prend autorité.
Marat était audacieux, mais nullement brave.
Toute femme est un autel, la chose pure, la chose sainte, où l'homme, ébranlé par la vie, peut à chaque heure trouver la foi ...
Les femmes! quelle puissance! Avec de tels auxiliaires, qu'est-il besoin de la presse?
L'auteur oublie à chaque page ce qu'il vient de dire dans l'autre, s'enferrant lui-même à l'aveugle dans ses propres raisonnements.
Il faut raconter barbarement un âge barbare, et prendre un coeur d'airain, mettre en saillie ce qui domine tout, la brutalité de la guerre, et son rude outil, le soldat.
On vit alors toute la justesse du mot du Maréchal de Saxe: «Une bataille perdue, c'est une bataille qu'on croit perdue».
Alors la conversation n'est point le vain bavardage que nous entendons partout, l'éternel sautillement où les cerveaux vides ont tout l'avantage.
Marat, Desmoulins, qui bégayaient ou grasseyaient, ne faisaient guère qu'écrire, parlaient rarement.
Le berceau est pour la plupart un petit moment de lumière entre la nuit et la nuit.
On exige d'un boursier bien plus que d'un autre. Il est tenu de réussir.
Maudit qui brise une femme, qui lui ôte ce qu'elle avait de fierté, de courage, d'âme!
On vit alors combien lentement les âmes, une fois brisées, reprennent courage et force.
Les highlanders vous disent en signe d'amitié: «J'ajouterai une pierre à votre cairn (monument funèbre)».
Même dans une société libre, il y aura toujours des captifs, ceux de la misère, ceux de l'âge, ceux des préjugés, des passions.
Les mouvements déréglés, l'agitation effrénée, ne sont pas plus nécessaires au bonheur de l'enfant grandi que le chaos des sensations confuses ne l'a été au nourrisson.

Œuvres de Jules Michelet

Bible de l'Humanité (1864)Des jésuites (1843)Des jésuites (1843), IntroductionExtraits historiquesHistoire de FranceHistoire de France (1833-1844)Histoire de France, PréfaceHistoire de France, Préface de 1869Histoire de France, tome II (1833), livre IHistoire de France, tome II (1833), livre IV, 4Histoire de France, tome II, livre IIIHistoire de France, tome II, livre VIII, 1Histoire de France, tome III (1837)Histoire de France, tome VII, IntroductionHistoire de la Révolution française (1847-1853)Histoire de la Révolution française (1847-1853), II, 4Histoire de la Révolution française (1847-1853), II, 6Histoire de la Révolution française (1847-1853), II, 7Histoire de la Révolution française (1847-1853), IIIHistoire de la Révolution française (1847-1853), III, 5