L'origine d'une haine, comme la naissance d'autres passions, est toujours mystérieuse.
Auteur
Jorge Luis Borges
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La pauvreté jadis était moins misérable que celle que nous procure aujourd'hui l'industrie. Les fortunes elles aussi étaient moindres.
Un homme qui pense cinq minutes à une femme n'est pas un homme mais une lopette.
Mieux vaut périr exécuté que de se donner soi-même la mort.
Les rêves sont l'activité esthétique la plus ancienne.
Je suis, je le répète, un lecteur hédoniste ; je cherche l'émotion dans les livres.
Aimer c'est sentir qu'il nous manque quelque chose.
Nous sentons la poésie comme nous sentons la présence d'une femme, ou comme nous sentons le voisinage d'une montagne ou d'une baie.
Je crois que la poésie est quelque chose qu'on sent, et si vous ne sentez pas la poésie, la beauté d'un texte, si un récit ne vous donne pas l'envie de savoir ce qui s'est passé ensuite, c'est que l'auteur n'a pas écrit pour vous.
J'ai moins appris des écoles que d'une bibliothèque - celle de mon père ; en dépit des vicissitudes du temps et des géographies, je ne crois pas avoir lu en vain ces chers vieux volumes.
Le fait esthétique est quelque chose d'aussi évident, d'aussi immédiat, d'aussi indéfinissable que l'amour, que la saveur d'un fruit, que l'eau.
Ce que fait un homme, c'est comme si tous les hommes le faisaient.
Schopenhauer a peut-être raison : Je suis les autres, n'importe quel homme est tous les hommes.
Je me sentis perdu. Le sable me brisait la bouche, mais je criai : Un sable rêvé ne peut pas me tuer et il n'y a pas de rêves qui soient dans d'autres rêves.
On observera que la conclusion précéda sans doute les preuves. Qui se résigne à chercher des preuves d'une chose à laquelle il ne croit pas ou dont la prédication ne l'intéresse pas ?
Il me dit que son livre s'appelait le livre de sable, parce que ni ce livre ni le sable n'ont de commencement ni de fin.
Je n'écris pas pour une petite élite dont je n'ai cure, ni pour cette entité platonique adulée qu'on surnomme la Masse. Je ne crois pas à ces deux abstractions, chères au démagogue. J'écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du temps.
Malheur au pauvre d’esprit, car sous la terre il sera ce qu’il est à présent sur la terre.
Malheur à celui qui pleure, car il a déjà l’habitude misérable des pleurs.
Heureux ceux qui savent que la souffrance n’est pas une couronne de gloire.
Il ne suffit pas d’être le dernier pour être un jour le premier.
Heureux celui qui ne s’acharne pas à avoir raison, parce que personne n’a raison, ou tous.
Heureux celui qui pardonne aux autres et celui qui se pardonne à lui-même.
Heureux les doux, car ils ne condescendent pas à la discorde.
Heureux ceux qui n’ont pas faim de justice, parce qu’ils savent que notre destinée, adverse ou pieuse, est l’œuvre du hasard, qui est inscrutable.
Œuvres de Jorge Luis Borges
Abenhacan El Bokhari mort dans son labyrintheAtlas (1984)Biographie de T.I. CruzCité par Mario Paoletti et Pilar Bravo dans Borges verbal (1999).Cité par Rodriguez Monegal dans Borges par lui-même (1978).ConférencesConférences \"La Kabbale\" (1985)Conférences, La poésieDeutsches RequiemDiscussion (1932)Emma ZunzEnquêtes (1952)Evaristo Carriego (1930)Fictions (1944)Fictions, Le jardin aux sentiers qui bifurquent (1944)Fragments d'un évangile apocryphe, Éloge de l'ombre (1969)Funes ou la mémoireHistoria de la eternidadJuan MurañaL'Aleph (1949)