Auteur

Jean Rostand

La nausée métaphysique nous fait hoqueter des pourquoi.
Tant qu'il y aura des dictatures, je n'aurai pas le coeur à critiquer une démocratie.
L'homme, tout compte fait, n'a rien à dire de l'homme. Etant seul à se juger, il peut se grandir ou se réduire à sa guise: tel un fou qui, sans risque de contradiction, pourrait choisir entre le délire des grandeurs et celui de l'indignité.
Etre capable de simplifier les questions, mais aussi de les réembrouiller.
Les très grandes questions sont celles sur quoi le premier venu n'a pas, plus qu'un autre, chances de déraisonner.
Recherche: partir de ce qu'on croit savoir, et tirer sur le fil en souhaitant qu'il se brise...
Une bonne journée est celle où le passé s'est tenu à peu près tranquille.
Tout le travail de l'amour consiste à oublier d'un être ce qu'on en savait au premier jour.
Qu'il y a peu de chose dans une vie qui soit fait pour elle!
Avoir l'esprit ouvert n'est pas l'avoir béant à toutes les sottises.
Pour frayer un sentier nouveau, il faut être capable de s'égarer.
Le coeur réclame une femme; les sens plusieurs; l'orgueil toutes.
Nous réservons notre indulgence aux vices qui ne nous tentent pas.
Si la propriété n'est certainement pas le vol, le superflu est à coup sûr l'assassinat.
L'homme est devenu trop puissant pour se permettre de jouer avec le mal. L'excès de sa force le condamne à la vertu.
Dans les concessions qu'on fait à la force, il entre beaucoup de crainte, mais aussi, hélas! beaucoup d'estime.
Peut-être fabriquerons-nous ce qui nous comprendra.
Ne pas ajouter à la démence du réel la niaiserie d'une explication.
Ce monde gouverné par la biologie et la chimie, où le meilleur de l'homme sera voulu, prévu, calculé, où le talent, le don, la charité, la vertu, seront obtenus à volonté par des artifices techniques.
Qui ne demande rien, c'est qu'il attend tout.
L'enfer, c'est quand tout sera parfait.
A la différence de la variation lamarckienne ... la variation buffonienne n'est pas nécessairement adaptative.
C'est un immense problème que de savoir si l'homme pourra, indéfiniment, s'adapter à ce qu'il ajoute.
Le plaisir de goûter la nature est l'un des seuls auxquels nous nous sentions toujours avoir le droit.
Tout le premier, Lamarck a vu le grand mouvement ascendant qui porte la vie à se compliquer et à se dépasser elle-même.

Œuvres de Jean Rostand

Carnet d' un biologiste (1959)Carnet d'un biologiste (1959)Carnet d'un biologiste (1959) (Cueille le jour... Non : Cueille la minute.)Ce que je crois (1953)De la vanité, Fasquelle, 1925Esquisse d'une histoire de la biologie (1945)Esquisse d'une histoire de la biologie (1945), ConclusionInquiétudes d'un biologiste (1967)Journal d'un caractère (1931)Julien ou Une conscience (1928)L'HommeL'Homme, VIL'homme (1962)La Loi des riches (1920)La Vie et ses problèmes (1939)Le Mariage (1927)Maternité et biologieNouvelles pensées d'un biologiste (1947)Pages d'un Moraliste (1952)Pensées d'un biologiste (1939)