C'est toujours dommage de ne pas avoir du génie. Mais c'est moins grave, en fin de compte, qu'on ne se l'imagine. Il suffit que les autres croient qu'on en a.
Je n'aime pas les sous-entendus. Je les comprends assez pour qu'ils m'inquiètent et pas assez pour les comprendre.
Je ne connais rien de plus ennuyeux que d'être aimé. Aimer est charmant, mais Dieu que c'est rare!
Je crois bien que (la facilité) est le déguisement le plus redoutable du diable.
L'inspiration, c'est une invention des gens qui n'ont jamais rien créé. Nous entretenons la légende pour nous faire valoir, mais entre nous, c'est un bluff. Le poète ne connaît que la commande.
Le visage des vrais égoïstes est supportable; on connaît le jeu, on est tous là pour le jouer; mais celui des philanthropes est répugnant. On n'a pas le droit de ne penser à ce point qu'à soi-même!
... on se lasse ... de faire le tour d'une chose parfaite.
Les femmes ont horreur d'attendre. C'est un supplice qu'elles nous réservent.
Fabrice: Et à ne pas faire souffrir les autres, vous me l'apprendrez aussi? - Ornifle: C'est une science inutile. Les autres meurent de souffrir. Pourquoi se compliquer la vie et leur refuser ce plaisir?
... le mensonge est parfois une forme préalable de la vérité.
L'expérience du bonheur est une chose épouvantable. Elle apprend que la vie ne pèse pas.
Il n'y a qu'une seule réalité, une seule chose qui calme la faim et qui se mange comme un honnête morceau de pain: c'est l'amour. Tout le reste n'est que friandises, bonbons fondants, écoeurements
Les femmes c'est comme la soupe, il ne faut pas les laisser refroidir.
Josyane: Il n'y a pas de sots métiers. - Adolphe: Non, il n'y a que de sottes gens.
Adolphe: Je crois bien que tu es méchante, au fond, ma pauvre Charlotte. - Elodie: Oui je suis méchante. Mais c'est toi qui m'as rendue comme ça. ... Les femmes, mon bonhomme, on a celles qu'on se fait!
Je crois qu'on ne peut rien trouver de plus consolant, quand on est devenu un homme, qu'un reflet de son enfance dans les yeux d'un ancien garçon.
Toute notre vie avec notre belle morale et notre chère liberté, cela consiste en fin de compte à nous accepter tels que nous sommes...
Mais je veux profiter de mes dernières années et rire un peu. J'ai cru pendant soixante ans qu'il fallait prendre la vie au sérieux. C'est beaucoup trop.
Dieu a sans doute donné la venue lente de l'impuissance aux hommes pour leur apprendre à apprivoiser la mort...
Ou on a des papiers en règle et on s'embête - ou on choisit l'amour et on a des embêtements...
L'illusion du plaisir et la peur de la mort sont les seules industries où l'on peut faire lâcher jusqu'à leur dernier sou aux hommes...
Il ne faut jamais regarder son ennemi endormi, ... on lui pardonne.
C'est sinistre la jeunesse. On peut tout et on ne peut rien. J'aime encore mieux avoir mal aux pieds et sentir que la mécanique s'enraye. Dans ces ruines, j'ai l'esprit libre. Mais à vingt ans...
... c'est en habit que je me sens à l'aise. Nous sommes tous devenus des lâches depuis l'invention des pull-overs et des pantoufles. Nous manquons de carcans.
Je me demande si je ne vais pas me laisser pousser la barbe. C'est déjà si ennuyeux d'être désespéré... S'il faut se raser en plus!
Œuvres de Jean Anouilh
A un journaliste.Antigone (1942)Antigone (1942), 3, Antigone à CréonAntigone (1942), AntigoneAntigone (1942), Le gardeArdèle ou la MargueriteArdèle ou la Marguerite (1948)Ardèle ou la Marguerite, Le ComteBecket ou l'Honneur de DieuBecket ou l'Honneur de Dieu (1959)Chers ZoiseauxColombeColombe (1951)Cécile ou l'école des pèresCécile ou l'école des pères (1952), Monsieur OrbasEurydice (1942)Fables (1962), La disputeFables (1962), Le chat bourgeoisL'Alouette (1953)L'Hermine (1931)