Auteur

Jean Anouilh

Il faudrait ne jamais devenir grand.
Je me demande comment, étant musicien, tu peux encore aimer la musique.
Ah! l'incertain, le troublant premier jour. On se cherche, on se sent, on se devine, on ne se connaît pas encore et on sait pourtant déjà que cela durera toute la vie...
Ah! nos nuits d'amour, Lucienne! L'union des corps et des coeurs. L'instant, l'instant unique où on ne sait plus si c'est la chair ou si c'est l'âme qui palpite...
Je parle tout le temps, mais je ne sais pas répondre. C'est d'ailleurs pour cela que je parle tout le temps, pour empêcher qu'on me questionne. C'est ma façon d'être muette.
Oh! il ne faut par croire que c'est très compliqué d'être mystérieuse. Il suffit de ne penser à rien, c'est à la portée de toutes les femmes.
Oh! Pourquoi demander qui on est? Cela veut dire si peu de chose, qui on est...
La mort est douce... Ce qui fait souffrir avec certains poisons, certaines blessures maladroites, c'est la vie.
Il y en a des choses qu'on ne veut pas comme cela dans le monde et qui sont là bien tranquilles, bien énormes, comme la mer.
Ah! que c'est difficile, que c'est difficile de toujours expliquer tout!...
Tu ne seras pas seul, on n'est jamais seul. On est avec soi, c'est autre chose, tu le sais bien...
La vie est ainsi faite que les pères imbéciles en savent aussi long, quelquefois plus long sur elle que les pères intelligents. La vie n'a pas besoin d'intelligence. C'est même ce qu'elle peut rencontrer de plus gênant dans sa marche joyeuse.
Je ne suis pas de ceux qui se consolent d'un mal en disant «c'est la vie». Qu'est-ce que vous voulez que cela me fasse, à moi, que ce soit la vie?... Qu'un million de grains de sable soient broyés en même temps que moi?
Vous êtes très jeune, Cécile, vous apprendrez en grandissant que c'est toute une affaire de vivre. En fait, me direz-vous, il suffit de se lever le matin et de se coucher le soir et avec un peu de patience le jour passe...
N'aimer que soi, cela doit être bien monotone.
M. Orlas: L'amour, l'amour... Que sais-tu de l'amour, à ton âge? - Cécile: Tout ce qu'on n'en apprend pas, monsieur, c'est-à-dire presque tout.
On ne sait jamais où sont les autres... On sait à peine où l'on est soi-même, ici-bas.
C'est extraordinaire le nombre de gens décidés à agir coûte que coûte qu'il peut y avoir sur cette planète. Si nous n'étions pas quelques philosophes à nous tenir tranquilles, on se bousculerait. Ce serait trop petit.
Quelle comptabilité harassante de vivre!
Ce qui est doux, c'est d'être arrivé quelque part, fût-ce au bout du désespoir, et de dire: Ah! bon, c'était là. Je suis arrivé maintenant.
C'est quand on comprend qu'il n'y a rien à casser qu'on commence à devenir un homme. On vit très bien avec une douleur, vous verrez, une fois que la connaissance est faite. On lui découvre des subtilités, des replis. On en devient le spécialiste.
Frédéric: On doit sortir un jour de son monde d'enfant et accepter que tout ne soit pas aussi beau que lorsqu'on était petit. - Jeannette: Je ne veux pas devenir grande. Je ne veux pas apprendre à dire oui. Tout est trop laid.
J'adore que la jeunesse m'insulte. Cela me rassure sur mon sens politique.
Je vous dis que j'ai horreur des consciences! Cela finit toujours par être embarrassant - pour gouverner. J'aime les héros qui ont peur de moi et qui se font payer très cher. Cela me rassure. Les hommes désintéressés c'est toujours hors de prix.
Quelle foire d'empoigne, l'histoire de France!

Œuvres de Jean Anouilh

A un journaliste.Antigone (1942)Antigone (1942), 3, Antigone à CréonAntigone (1942), AntigoneAntigone (1942), Le gardeArdèle ou la MargueriteArdèle ou la Marguerite (1948)Ardèle ou la Marguerite, Le ComteBecket ou l'Honneur de DieuBecket ou l'Honneur de Dieu (1959)Chers ZoiseauxColombeColombe (1951)Cécile ou l'école des pèresCécile ou l'école des pères (1952), Monsieur OrbasEurydice (1942)Fables (1962), La disputeFables (1962), Le chat bourgeoisL'Alouette (1953)L'Hermine (1931)