On peut comprendre la Bible sans l'histoire, mais l'histoire sans la Bible, jamais.
Dans les relations humaines, le tact est le maximum qu'on puisse atteindre. Vous me demanderez : et l'affection ? Oui, mais il faut la pratiquer avec tact.
A vrai dire, je suis un irrécupérable conservateur. S'il y avait un dieu, je serais croyant.
J'écris sur Auschwitz ; si j'ai été déporté, ce n'était pas pour recevoir le prix Nobel, mais pour être tué ; tout ce qui m'arrive d'autre relève de l'anecdote. Que je n'aie pas eu le prix Nobel est aussi absurde que si je l'avais eu.
J'aime la belle vie qu'accompagnent de sombres pensées.
Quand Israël sera détruit, viendra le tour des autres juifs.
Une chose est sûre : l'ordinateur est une façon de penser, et pas la plus noble qui soit. Ou si on préfère, c'est un langage, et pas le plus poétique qui soit.
La vie s'éloigne de plus en plus ; on la cherche avec une longue-vue.
Je l'avais déjà entendu dire, et je pouvais désormais en témoigner : en vérité, les murs étroits des prisons ne peuvent pas tracer de limite aux ailes de notre imagination.
Vivre est aussi une façon de se suicider : l'inconvénient, c'est que cela prend énormément de temps.
Je crois en l'écriture. En rien d'autre, seulement en l'écriture. L'homme vit comme un ver mais écrit comme un dieu.
L'Europe commence à comprendre où l'a menée sa politique libérale de l'immigration. Elle s'est rendu compte que la chose nommée société multiculturelle n'existe pas.
Je ne l'aurais jamais cru, mais la vieillesse arrive d'un coup. D'un jour à l'autre, presque d'une minute à l'autre. L'attitude physique change soudain, on ne peut rien y faire.
Les innombrables petites erreurs individuelles créent la grande erreur commune. Et cette erreur est notre seule vérité.
La vie est une erreur que même la mort ne répare pas. La vie, la mort : tout est erreur.
Savez-vous ce qu'est la solitude dans un pays qui se célèbre tout le temps, qui se vautre dans l'ivresse incessante de l'autosatisfaction ? Eh bien, je vais vous le dire...
Œuvres de Imre Kertész