Il est remonté trop loin dans le passé, et le passé a fini par l'engloutir.
Auteur
Howard Phillips Lovecraft
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La vie est une chose hideuse, et à l'arrière-plan, derrière ce que nous savons, apparaissent les lueurs d'une vérité démoniaque qui nous la rendent mille fois plus hideuse.
Nul ne saurait décrire le monstre aucun langage ne saurait peindre cette vision de folie, ce chaos de cris inarticulés, cette hideuse contradiction de toutes les lois de la matière et de l'ordre cosmique.
Il est vrai que j'ai logé six balles dans la tête de mon meilleur ami, et pourtant j'espère montrer par le présent récit que je ne suis pas son meurtrier.
Il est absolument indispensable, pour la paix et la sécurité de l'humanité, qu'on ne trouble pas certains recoins obscurs et morts, certaines profondeurs insondées de la Terre, de peur que les monstres endormis ne s'éveillent à une nouvelle vie.
C'est dans un état bien particulier que j'écris ces mots, puisque cette nuit je ne serai plus.
La fin est toute proche. J'entends un bruit à ma porte.
Les sciences, dont chacune tend dans une direction particulière, ne nous ont pas fait trop de mal jusqu'à présent ; mais un jour viendra où la synthèse de ces connaissances dissociées nous ouvrira des perspectives terrifiantes sur la réalité et la place effroyable que nous y occupons : alors cette révélation nous rendra fous, à moins que nous fuyions cette clarté funeste pour nous réfugier dans la paix et la sécurité d'un nouvel âge des ténèbres.
Ce qui est, à mon sens, pure miséricorde en ce monde, c'est l'incapacité de l'esprit humain à mettre en corrélation tout ce qu'il renferme. Nous vivons sur une île de placide ignorance, au sein des noirs océans de l'infini, et nous n'avons pas été destinés à de longs voyages. Les sciences, dont chacune tend dans une direction particulière, ne nous ont pas fait trop de mal jusqu'à présent ; mais un jour viendra où la synthèse de ces connaissances dissociées nous ouvrira des perspectives terrifiantes sur la réalité et la place effroyable que nous y occupons ; alors cette révélation nous rendra fous, à moins que nous ne fuyions cette clarté funeste pour nous réfugier dans la paix et la sécurité d'un nouvel âge de ténèbres.
Il évoqua ses rêves de façon étrangement poétique. Il me fit voir avec une infinie et terrible précision la cité cyclopéenne de pierres vertes et gluantes, dont la géométrie, dit-il curieusement, était tout à fait erronée, puis il me laissa entendre, après une attente apeurée, l'appel constant, à demi mental, qui provenait de sous la terre : « Cthulhu fhtagn », Cthulhu fhtagn ».
Le coucher de soleil avait été magnifique et la lune montait, presque entière, déversant sa lumière argentée sur la plaine, la montagne et les monticules qui s'élevaient çà et là. C'était un décor paisible et idyllique mais, sachant ce qu'il cachait, je me prenais à le haïr.
N'est pas mort ce qui à jamais dort - \r\nEt au long des siècles peut mourir même la mort
Dès ce moment, raillait Castro, ces premiers hommes avaient inauguré ce culte autour de petites idoles que les Grands Anciens leur avaient montrées ; des idoles apportées des contrées lointaines d'au-delà des étoiles. Et tant que les étoiles ne seraient pas de nouveau alignées, jamais ce culte ne mourrait, et ses prêtres secrets un jour relèveraient le grand Cthulhu de Sa tombe pour faire revivre les Siens et remettre la Terre sous Sa loi.
Bien que la plupart de nos visions nocturnes ne soient peut-être rien d'autre que de vagues et bizarres reflets de nos expériences à l'état de veille – n'en déplaise à Freud avec son symbolisme puéril -, il en reste néanmoins dont le caractère dépaysant et éthéré ne permet aucune interprétation banale, et dont l'effet vaguement provocateur et inquiétant évoque la possibilité de brefs aperçus dans une sphère d'existence mentale non moins importante que la vie physique, et pourtant séparée d'elle par une barrière pratiquement infranchissable.
Ce qui est, à mon sens, pure miséricorde en ce monde, c'est l'incapacité de l'esprit humain à mettre en corrélation tout ce qu'il renferme.
Ceux du Dehors ne demandent qu'à vivre en paix avec les hommes avec qui ils souhaitent entretenir des relations intellectuelles de plus en plus développées. L'établissement de ces relations est devenu absolument nécessaire maintenant que nos inventions et appareils accroissent le champ de nos connaissances, empêchant ainsi Ceux du Dehors de maintenir secrètement leurs avant poste sur notre planète. Ces étrangers veulent mieux connaitre l'humanité, et désirent que les principaux savants du globe terrestre apprennent à mieux les connaitre. Une fois cet échange établi, tous les dangers disparaitront et il sera possible d'instaurer un modus vivendi satisfaisant. Il est parfaitement ridicule de croire qu'ils puissent tenter de nous asservir ou de nous dégrader.
On peut concevoir la survivance de forces ou d'êtres semblables..., la survivance d'une époque infiniment lointaine où... la conscience se manifestait sous des formes qui se sont depuis longtemps retirées de la surface du globe devant le flot montant du genre humain..., formes dont seules la poésie et la légende ont conservé un souvenir fugace pour en faire des dieux, des monstres, et des créatures mythiques de toute espèce...
Nous vivons sur une île de placide ignorance, au sein des noirs océans de l'infini, et nous n'avons pas été destinés à de longs voyages. Les sciences, dont chacune tend dans une direction particulière, ne nous ont pas fait trop de mal jusqu'à présent ; mais un jour viendra où la synthèse de ces connaissances dissociées nous ouvrira des perspectives terrifiantes sur la réalité et la place effroyable que nous y occupons : alors cette révélation nous rendra fous, à moins que nous ne fuyions cette clarté funeste pour nous réfugier dans la paix et la sécurité d'un nouvel âge de ténèbres.
Des ombres torrentielles, rouges et visqueuses, se poursuivaient, haletant et glissant, dans les corridors infinis du ciel violet et zébré d'éclairs... phantasmes sans forme, dessins d'un kaléidoscope vampirique... forêt de chênes monstrueusement nourris dont les racines en forme de serpent se tordaient, aspiraient d'innommables sucs dans la terre grouillante de démons cannibales... tentacules en forme de tertres, nés d'un noyau souterrain de pourriture perverse... éclairs de folie sur des murs couverts de lierre malsain... galeries démoniaques éclairées par une végétation putride...
Le jeune homme avait entendu retentir sous terre une voix qui n'était pas une voix mais plutôt tune sensation confuse que seule l'imagination pouvait transformer en son, et qu'il essaya de rendre par cet assemblage de lettres quasi imprononçable : Cthulhu fntagn
J'entendis d'abord, venant de profondeurs inconcevables, un bruit de galopade, un halètement infernal, un grondement sourd, et enfin je vis sortir, par l'ouverture située à la base de la cheminée, un jaillissement de vie multiple et repoussante, un flot abominable et ténébreux de corruption organique, mille fois plus hideux que les conjurations les plus noire de la folie et de la morbidité. Grouillante, bouillonnante, houleuse, écumante comme une maladie infectieuse, cette horreur sans nom sortait de ce trou béant, et débordait de la cave par toutes les issues possibles pour se répandre dans les maudites forêts nocturnes et semer la terreur, la maladie et la mort.
Nul ne saurait décrire le monstre, aucun langage ne saurait peindre cette vision de folie, ce chaos de cris inarticulés, cette hideuse contradiction de toutes les lois de la matière et de l'ordre cosmique.
Fils unique et objet d'adoration pour ses parents, sa complexion délicate les inquiétait à tel point qu'ils le gardaient sous étroite surveillance. Il lui était interdit de sortir sans sa gouvernante, et il n'avait que rarement l'occasion de s'amuser librement avec d'autres enfants. Tout ceci favorisa sans nul doute chez lui le développement d'une étrange et secrète vie intérieure, avec l'imagination comme unique moyen d'évasion.
Malgré les choses terribles que j'ai vues et entendues, malgré l'impression particulièrement vive qu'elles ont produite sur moi, je suis, aujourd'hui encore, incapable de démontrer la justesse de mon effroyable hypothèse. En effet, la disparition d'Akeley ne prouve rien. Personne n'a relevé quoi que ce soit de suspect dans sa maison, en dehors des traces de balles à l'extérieur et à l'intérieur. En vérité, on aurait pu croire qu'il était parti faire une promenade dans les collines et n'était pas revenu.
J'avais déjà décidé de poursuivre mes recherches, car il me semblait, dans on innocence, que l'incertitude était pire que tout, même si la vérité était terrible.