Le coucher de soleil avait été magnifique et la lune montait, presque entière, déversant sa lumière argentée sur la plaine, la montagne et les monticules qui s'élevaient çà et là. C'était un décor paisible et idyllique mais, sachant ce qu'il cachait, je me prenais à le haïr.

À lire aussi de Howard Phillips Lovecraft

Le jeune homme avait entendu retentir sous terre une voix qui n'était pas une voix mais plutôt tune sensation confuse que seule l'imagination pouvait transformer en son, et qu'il essaya de rendre par cet assemblage de lettres quasi imprononçable : Cthulhu fntagn
Des ombres torrentielles, rouges et visqueuses, se poursuivaient, haletant et glissant, dans les corridors infinis du ciel violet et zébré d'éclairs... phantasmes sans forme, dessins d'un kaléidoscope vampirique... forêt de chênes monstrueusement nourris dont les racines en forme de serpent se tordaient, aspiraient d'innommables sucs dans la terre grouillante de démons cannibales... tentacules en forme de tertres, nés d'un noyau souterrain de pourriture perverse... éclairs de folie sur des murs couverts de lierre malsain... galeries démoniaques éclairées par une végétation putride...
Tandis que je me hâtais au travers des ruelles tortueuses et embrumées qui longent le quai, j'eus l'impression inquiétante d'être suivi furtivement par un bruit de pas étouffés. De part et d'autre de la rue, les maisons branlantes et séculaires semblaient revenir à la vie. Elles m'apparaissaient méchantes et maléfiques, comme si un courant d'intentions malignes avait brusquement surgi du sol.
N'est point mort celui qui éternellement dort, et en d'étranges éternités, la Mort elle-même peut trépasser.
Nul ne saurait décrire le monstre aucun langage ne saurait peindre cette vision de folie, ce chaos de cris inarticulés, cette hideuse contradiction de toutes les lois de la matière et de l'ordre cosmique.
Toutes les citations de Howard Phillips Lovecraft →

Dans la même œuvre

Nul ne saurait décrire le monstre aucun langage ne saurait peindre cette vision de folie, ce chaos de cris inarticulés, cette hideuse contradiction de toutes les lois de la matière et de l'ordre cosmique.
Les sciences, dont chacune tend dans une direction particulière, ne nous ont pas fait trop de mal jusqu'à présent ; mais un jour viendra où la synthèse de ces connaissances dissociées nous ouvrira des perspectives terrifiantes sur la réalité et la place effroyable que nous y occupons : alors cette révélation nous rendra fous, à moins que nous fuyions cette clarté funeste pour nous réfugier dans la paix et la sécurité d'un nouvel âge des ténèbres.
Ce qui est, à mon sens, pure miséricorde en ce monde, c'est l'incapacité de l'esprit humain à mettre en corrélation tout ce qu'il renferme. Nous vivons sur une île de placide ignorance, au sein des noirs océans de l'infini, et nous n'avons pas été destinés à de longs voyages. Les sciences, dont chacune tend dans une direction particulière, ne nous ont pas fait trop de mal jusqu'à présent ; mais un jour viendra où la synthèse de ces connaissances dissociées nous ouvrira des perspectives terrifiantes sur la réalité et la place effroyable que nous y occupons ; alors cette révélation nous rendra fous, à moins que nous ne fuyions cette clarté funeste pour nous réfugier dans la paix et la sécurité d'un nouvel âge de ténèbres.
Il évoqua ses rêves de façon étrangement poétique. Il me fit voir avec une infinie et terrible précision la cité cyclopéenne de pierres vertes et gluantes, dont la géométrie, dit-il curieusement, était tout à fait erronée, puis il me laissa entendre, après une attente apeurée, l'appel constant, à demi mental, qui provenait de sous la terre : « Cthulhu fhtagn », Cthulhu fhtagn ».
N'est pas mort ce qui à jamais dort - \r\nEt au long des siècles peut mourir même la mort