Avoir sa belle-mère en province quand on demeure à Paris, et vice versa, est une de ces bonnes fortunes qui se rencontrent toujours trop rarement.
Auteur
Honoré de Balzac
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Une femme mariée a plusieurs amours-propres.
Les supplices moraux surpassent les douleurs physiques de toute la hauteur qui existe entre l'âme et le corps.
Les femmes, sachant toujours bien expliquer leurs grandeurs, c'est leurs petitesses qu'elles nous laissent à deviner.
Le sentiment n'est pas le raisonnement, la raison n'est pas le plaisir, et le plaisir n'est, certes, pas une raison.
Tout ménage a sa cour de cassation qui ne s'occupe jamais du fond et qui ne juge que la forme.
Les femmes ont toujours peur de ce qui se partage.
On ne gouverne les hommes, on ne se fait des amis, qu'en les prenant tous par leurs vices, en flattant leurs passions.
Le Vice, le Courtisan, le Malheur et l'Amour ne connaissent que le présent.
Quand un mari et une femme se tiennent, le diable seul sait celui qui tient l'autre.
La misère fait des parenthèses.
Dans le monde, on sait mettre des paletots à toutes les vérités, même les plus jolies.
Dans un mari, il n'y a qu'un homme; dans une femme mariée, il y a un homme, un père, une mère et une femme. Une femme mariée a de la sensibilité pour quatre, et pour cinq même, si l'on y regarde bien.
Pour les femmes, l'amour est une absolution générale : l'homme qui aime bien peut commettre des crimes, il est toujours blanc comme neige aux yeux de celle qui aime, s'il l'aime bien.
Quant à la femme mariée, aimée ou non, elle sent si bien que l'honneur, la considération de son mari sont la fortune de ses enfants, qu'elle agit comme la femme qui aime, tant l'intérêt social est violent.
Dès qu'une femme ne querelle plus son mari, le minotaure est assis dans un fauteuil au coin de la cheminée de la chambre à coucher, et il tracasse avec le bout de sa canne ses bottes vernies.
Les idées d'un homme qui n'a plus de bretelles ni de bottes ne sont plus celles d'un homme qui porte ces deux tyrans de notre esprit. Remarquez que ceci n'est un axiome que dans la vie conjugale. En morale, c'est ce que nous appelons un théorème relatif.
Les hommes ne devinent pas toujours ce que signifie chez une femme une demande positive, mais une autre femme ne s'y trompe jamais : elle fait le contraire.
Un seul mensonge détruit la confiance absolue qui, pour certaines âmes, est le fond même de l'amour.
Le grand monde a son argot. Mais cet argot s'appelle le style.
Là est la différence entre le poète et l'homme d'action : l'un se livre au sentiment pour le reproduire en images vives, il ne juge qu'après ; tandis que l'autre sent et juge à la fois.
La justice est un être de raison représenté par une collection d'individus sans cesse renouvelés, dont les bonnes intentions et les souvenirs sont, comme eux, excessivement ambulatoires.
Toute fortune rapidement faite est : ou l'effet d'un hasard et d'une découverte, ou le résultat d'un vol légal.
Faire arriver un homme médiocre ! c'est pour une femme, comme pour les rois, se donner le plaisir qui séduit tant les grands acteurs, et qui consiste à jouer cent fois une mauvaise pièce. C'est l'ivresse de l'égoïsme !
En amour le dévouement est bien près de la spéculation.
Œuvres de Honoré de Balzac
Albert Savarus (1842)Appendices, V, 32Autre étude de femmeAutre étude de femme (1839-1842)Avant son agonie.BéatrixBéatrix (1839)Cité par Shoshana Felman dans La Folie et la Chose littéraire.Confidences rapportées par George Sand dans Histoire de ma vie.CorrespondanceCorrespondance, 1819Correspondance, 1846Correspondance, à Hippolyte Castille, 11 octobre 1846César Birotteau (1838)Etude de femme (1831)Eugénie Grandet (1833)Facino Cane (1837)Ferragus, chef des DévorantsGambara (1837)Gobseck (1830)