Auteur

Honoré de Balzac

Il existe une anatomie comparée morale, comme une anatomie comparée physique. Pour l'âme, comme pour le corps, un détail mène logiquement à l'ensemble.
Le repos est le silence du corps.
Un homme qui marche vite ne dit-il pas déjà la moitié de son secret? Il est pressé.
Les hommes qui vont habituellement vite doivent avoir généralement la tête pointue et le front déprimé. D'ailleurs, logiquement, l'homme qui marche beaucoup arrive nécessairement à l'état intellectuel du danseur de l'opéra.
Tout mouvement saccadé trahit un vice, ou une mauvaise éducation.
En marchant, les femmes peuvent tout montrer, mais ne rien laisser voir.
La grâce veut des formes rondes. Voyez la joie d'une femme qui peut dire de sa rivale: elle est bien anguleuse!
Les animaux sont gracieux dans leurs mouvements, en ne dépensant jamais que la somme de force nécessaire pour atteindre à leur but. Ils ne sont jamais ni faux ni gauches, en exprimant avec naïveté leur idée.
Le mouvement doux est à la démarche ce que le simple est au vêtement.
La douleur est comme cette tige de fer que les sculpteurs mettent au sein de leur glaise, elle soutient, c'est une force!
Les tendresses absolues ont horreur de toute espèce de désaccord, méme dans les idées qui leur sont étrangères.
Plus un livre est beau, moins il a de chances d'être vendu. Tout homme supérieur s'élève au-dessus des masses: son succès est donc en raison directe avec le temps nécessaire pour apprécier l'oeuvre.
Un homme est, dans notre civilisation, responsable de toute sa femme.
La femme vit par le sentiment, là où l'homme vit par l'action. Or, le sentiment peut à tout moment faire d'une petite misère soit un grand malheur, soit une vie brisée, soit une éternelle infortune.
Il existe en nous plusieurs mémoires : le corps, l'esprit, ont chacun la leur; et la nostalgie, par exemple, est une maladie de la mémoire physique.
Les femmes persuadent toujours aux hommes, de qui elles ont fait des moutons, qu'ils sont des lions et qu'ils ont un caractère de fer.
Ceux qui n'ont pas d'enfants ignorent bien des plaisirs, mais ils évitent aussi bien des souffrances.
Un homme doit avoir du caractère ! Cette mâle sentence a causé le malheur de bien des femmes.
Puisse une société basée uniquement sur le pouvoir de l'argent frémir en apercevant l'impuissance de la justice sur les combinaisons d'un système qui déifie le succès en en graciant tous les moyens !
L'oeil des jeunes gens sait tout voir; leurs esprits s'unissent aux rayonnements de la femme comme une plante aspire dans l'air des substances qui lui sont propres.
Peu d'oeuvre donne beaucoup d'amour-propre, beaucoup de travail donne infiniment de modestie.
Le sourire est l'apanage, la langue, l'expression de la maternité.
L'amour est comme le vent, nous ne savons pas d'où il vient.
Le but de la société n'est-il pas de procurer à chacun le bien-être ?
Depuis la molesse d'une éponge mouillée jusqu'à la dureté d'une pierre ponce, il y a des nuances infinies. Voilà l'homme.

Œuvres de Honoré de Balzac

Albert Savarus (1842)Appendices, V, 32Autre étude de femmeAutre étude de femme (1839-1842)Avant son agonie.BéatrixBéatrix (1839)Cité par Shoshana Felman dans La Folie et la Chose littéraire.Confidences rapportées par George Sand dans Histoire de ma vie.CorrespondanceCorrespondance, 1819Correspondance, 1846Correspondance, à Hippolyte Castille, 11 octobre 1846César Birotteau (1838)Etude de femme (1831)Eugénie Grandet (1833)Facino Cane (1837)Ferragus, chef des DévorantsGambara (1837)Gobseck (1830)