L'homme qui aime bien peut commettre des crimes, il est toujours blanc comme neige aux yeux de celle qui l'aime.
Œuvre
Petites Misères de la vie conjugale (1845)
25 citations · Honoré de Balzac · sur Dicocitations ↗
Pour une femme qui n'est ni hollandaise, ni anglaise, ni belge, ni d'aucun pays marécageux, l'amour est un prétexte à la souffrance, un emploi des forces surabondantes de son imagination et de ses nerfs.
Pour être heureux en ménage, il faut être ou homme de génie marié à une femme tendre et spirituelle, ou se trouver, par l'effet d'un hasard qui n'est pas aussi commun qu'on pourrait le penser, tous les deux excessivement bêtes.
Aucun homme n'a pu découvrir le moyen de donner un conseil d'ami à aucune femme, pas même à la sienne.
La femme vit par le sentiment, là où l'homme vit par l'action.
Dans le monde, on aime qui vous écoute.
Un mari doit toujours savoir ce qu'a sa femme, car elle sait toujours ce qu'elle n'a pas.
Il faut avoir fouillé toute la vie sociale pour être un vrai romancier, vu que le roman est l'histoire privée des nations.
Une femme mariée a plusieurs amours-propres.
Les supplices moraux surpassent les douleurs physiques de toute la hauteur qui existe entre l'âme et le corps.
Les femmes, sachant toujours bien expliquer leurs grandeurs, c'est leurs petitesses qu'elles nous laissent à deviner.
Le sentiment n'est pas le raisonnement, la raison n'est pas le plaisir, et le plaisir n'est, certes, pas une raison.
Tout ménage a sa cour de cassation qui ne s'occupe jamais du fond et qui ne juge que la forme.
Les femmes ont toujours peur de ce qui se partage.
On ne gouverne les hommes, on ne se fait des amis, qu'en les prenant tous par leurs vices, en flattant leurs passions.
Le Vice, le Courtisan, le Malheur et l'Amour ne connaissent que le présent.
Quand un mari et une femme se tiennent, le diable seul sait celui qui tient l'autre.
La misère fait des parenthèses.
Dans le monde, on sait mettre des paletots à toutes les vérités, même les plus jolies.
Dans un mari, il n'y a qu'un homme; dans une femme mariée, il y a un homme, un père, une mère et une femme. Une femme mariée a de la sensibilité pour quatre, et pour cinq même, si l'on y regarde bien.
Pour les femmes, l'amour est une absolution générale : l'homme qui aime bien peut commettre des crimes, il est toujours blanc comme neige aux yeux de celle qui aime, s'il l'aime bien.
Quant à la femme mariée, aimée ou non, elle sent si bien que l'honneur, la considération de son mari sont la fortune de ses enfants, qu'elle agit comme la femme qui aime, tant l'intérêt social est violent.
Dès qu'une femme ne querelle plus son mari, le minotaure est assis dans un fauteuil au coin de la cheminée de la chambre à coucher, et il tracasse avec le bout de sa canne ses bottes vernies.
Les idées d'un homme qui n'a plus de bretelles ni de bottes ne sont plus celles d'un homme qui porte ces deux tyrans de notre esprit. Remarquez que ceci n'est un axiome que dans la vie conjugale. En morale, c'est ce que nous appelons un théorème relatif.
Les hommes ne devinent pas toujours ce que signifie chez une femme une demande positive, mais une autre femme ne s'y trompe jamais : elle fait le contraire.