Auteur

Honoré de Balzac

L'homme qui ne s'appartient pas est précisément l'homme dont les femmes sont friandes. L'amour est essentiellement voleur.
L'habitude du triomphe amoindrit le doute, et la pudeur est un doute peut-être.
A Paris, la vanité résume toutes les passions.
Le journaliste est une pensée en marche comme le soldat en guerre.
Une femme qui vient le dimanche aux Tuileries n'a pas de valeur, aristocratiquement parlant.
La beauté est une chose sévère et difficile qui ne se laisse point atteindre ainsi, il faut attendre ses heures, l'épier, la presser et l'enlacer étroitement pour la forcer à se rendre.
Les femmes croient les gens quand ils farcissent leurs phrases du mot amour. Alors elles trottent, elles vont, elles se mettent en quatre, elles intriguent, elles affirment les faits, elles font le diable pour celui qui leur plaît.
La morale de ceci est qu'une jolie femme ne voudra jamais reconnaître son mari, ni même son amant dans un homme en vieux carrick, en perruque de chiendent et en bottes percées.
Les sentiments purs se compromettent avec un superbe dédain qui ressemble à l'impudeur des courtisanes.
Vous connaissez le proverbe? Il n'y a pas de bonne fête sans lendemain.
Le premier amour d'une femme est un fruit délicieux.
Les femmes ne permettent pas à leur amant de descendre de son piédestal. On ne pardonne pas à un dieu la moindre petitesse.
Prodigues de tout ce qui s'obtient à crédit, ils sont avares de tout ce qui se paye à l'instant même, et semblent se venger de ce qu'ils n'ont pas, en dissipant tout ce qu'ils peuvent avoir.
L'amour et le travail ont la vertu de rendre un homme assez indifférent aux choses extérieures.
Le bonheur dépend de la douceur, de la complaisance et de l'amour d'une femme.
La pensée d'une femme est douce d'une incroyable élasticité: quand elle reçoit un coup d'assommoir, elle plie, paraît écrasée, et reprend sa forme dans un temps donné.
Avec un mari, petite niaise, nous vivons pour ainsi dire de notre vie; mais aimer, c'est vivre de la vie d'un autre.
On vivote avec son mari, ma chère, on ne vit qu'avec son amant, lui disait ma belle-soeur.
Mon enfant, pour être quelque chose de grand il faut savoir commencer par n'être rien.
La vertu, le génie, me semblent les deux plus belles formes de ce complet et constant dévouement que Jésus-Christ est venu apprendre aux hommes.
Le génie reste pauvre en éclairant le monde, la vertu garde le silence en se sacrifiant pour le bien général.
La base des sociétés humaines sera toujours la famille. Là commence l'action du pouvoir et de la loi, là du moins doit s'apprendre l'obéissance.
Les nations, de même que les individus, ne doivent leur énergie qu'à de grands sentiments. Les sentiments d'un peuple sont ses croyances.
La mort est un malheur prévu, les peines de la vie sont infinies. L'infini n'est-il pas le secret des grandes mélancolies?
Nous sommes habitués à juger les autres d'après nous, et si nous les absolvons complaisamment de nos défauts, nous les condamnons sévèrement de ne pas avoir nos qualités.

Œuvres de Honoré de Balzac

Albert Savarus (1842)Appendices, V, 32Autre étude de femmeAutre étude de femme (1839-1842)Avant son agonie.BéatrixBéatrix (1839)Cité par Shoshana Felman dans La Folie et la Chose littéraire.Confidences rapportées par George Sand dans Histoire de ma vie.CorrespondanceCorrespondance, 1819Correspondance, 1846Correspondance, à Hippolyte Castille, 11 octobre 1846César Birotteau (1838)Etude de femme (1831)Eugénie Grandet (1833)Facino Cane (1837)Ferragus, chef des DévorantsGambara (1837)Gobseck (1830)