En vérité, c'est en observant les jeunes que vous finirez par comprendre quelle espèce d'imbécile vous étiez vous-même autrefois.
Ce sont les petites choses qui comptent - pas la renommée, ni le succès, ni la fortune. En haut de l'échelle la place est rare, tandis qu'en bas on est des foules à tenir ensemble sans se bousculer et sans personne pour vous emmerder.
Le prisonnier n'est pas celui qui a commis un crime, mais celui qui se cramponne à son crime et ne cesse de le revivre. Il n'est pas un de nous qui ne soit coupable d'un crime : celui, énorme, de ne pas vivre pleinement la vie.
Peindre, c'est se remettre à aimer. Pour voir comme le peintre voit, il faut regarder avec les yeux de l'amour. Son amour à lui n'a rien de possessif: le peintre est obligé de partager ce qu'il voit.
Voir n'est pas seulement regarder; ce qu'il faut, c'est regarder-voir; c'est pénétrer du regard et observer.
Nous sommes rarement en mesure de nous rendre compte à quel point le négatif sert à produire le positif, à quel point le mal engendre le bien.
Paris est comme une prostituée. De loin, elle vous paraît ravissante, vous n'avez de cesse que vous la teniez entre vos bras. Au bout de cinq minutes, vous vous sentez vide, dégoûté de vous-même. Vous avez l'impression d'avoir été roulé.
Le savoir, corbeille à pain vide !
C'est ça qu'on appelle une grande ville : un endroit où l'on fait l'élevage du crime.
Lorsque chaque chose est pleinement vécue jusqu'au bout, il n'y a pas de mort ni de regrets, pas plus qu'il n'y a de faux printemps ; chaque moment vécu fait s'ouvrir un horizon plus vaste et plus large, dont la seule issue est la vie.
Ce qui va mal ce n'est pas le monde, c'est notre manière de le regarder.
Seulement, vous l'avez dit : je ne suis pas un artiste. L'ennui, dans mon cas, je pense, c'est que je n'arrive pas à digérer le fait que je ne suis qu'un pauvre type comme les autres...
Etre joyeux, c'est être un fou en liberté dans un monde de tristesse et de fantômes...
Si Dieu voulait se cacher, il choisirait l'homme comme cachette.
Si jamais nous devons assister à la naissance d'un nouveau paradis, d'une nouvelle terre, ce sera sûrement un paradis où l'argent sera absent, oublié, parfaitement inutile.
Du moment que l'homme cesse de croire qu'un jour viendra ou il se changera en dieu, on peut être certain qu'il est mur pour se changer en asticot.
Personne ne peut assouvir la faim. La faim, c'est le baromètre de l'âme. Comme l'extase en est la norme.
La vie nous donne de force quelques leçons ; elle ne nous apprend pas nécessairement à grandir.
Le besoin de se surpasser doit être instinctif et non pas théorique ou seulement plausible.
Si le dehors se mettait à ressembler à l'intérieur de l'être, la vie ne serait plus tenable. Les rues sont des lieux où l'on respire et reprend haleine.
La tradition ne peut s'exprimer vraiment, qu'à travers l'esprit de courage et de défi, et non dans l'observance de la sauvegarde superficielle des coutumes.
J'ai toujours adoré ce qui m'est étranger. J'aime ce qui me stimule, me heurte, m'étonne.
Quel que soit le chemin que l'on prenne, cela revient à marcher sur la corde raide.
Quoi qu'il en soit, une mère est une mère ; le biberon ne remplacera jamais un sein.
C'était un crime, de nourrir les bébés au biberon. Ce qu'il faut à un enfant, c'est le sein d'une mère.
Œuvres de Henry Miller
Big Sur et les Oranges de Jérôme Bosch (1957)Crazy Cock (1991)Crucifixion en rose (1968)Entretiens de Paris avec Georges Belmont (1970)J'suis pas plus con qu'un autre (1977)La Crucifixion en rose, 1. Sexus (1949)La crucifixion en rose, 2. Plexus (1952)Le Cauchemar climatisé (1945)Le Colosse de Maroussi (1941)Le Soutien de la vie (1956)Le sourire au pied de l'échelleLe sourire au pied de l'échelle (1948)Lire aux cabinetsLire aux cabinets (1957)Lire ou ne pas lire (1976)Peindre c'est aimer à nouveauPeindre c'est aimer à nouveau (1960)Printemps noir (1936)Préface de Philippe Sollers à Maurice Girodias, L’affaire Kissinger, Éditions de la différence, 1990Réunion à Brooklyn (1938)