Auteur

Henri-Frédéric Amiel

(La France) a toujours cru qu'une chose dite était une chose faite.
Ce que l'homme redoute le plus, c'est ce qui lui convient.
Chaque vie se fait son destin.
Dis-moi de quoi tu te piques et je te dirai ce que tu n'es pas.
Il y a deux degrés d'orgueil: l'un où l'on s'approuve soi-même; l'autre où l'on ne peut s'accepter. Celui-ci est probablement le plus raffiné.
L'héroïsme est un luxe qui n'est pas à la portée des faibles et des gens de petite foi.
L'honnête homme est celui qui ne se pique de rien.
L'inachevé n'est rien.
L'inconstance perd tout, en ne laissant mûrir aucune semence.
La femme nue est belle une fois sur vingt, et trois ans sur soixante et dix. C'est-à-dire qu'il y a quatre cent soixante-dix à parier contre un qu'en photographiant une femme sans voile on fait une indécence, sans arriver à un effet esthétique.
La plus légère économie de mauvaise humeur a son prix.
Le beau est supérieur au sublime parce qu'il est permanent et ne rassasie pas; tandis que le sublime est relatif, passager et violent.
Le dégoût est une chose curieuse. Il fait prendre en grippe jusqu'à la raison et au bon sens, par antipathie pour la vulgarité.
Le devoir est la nécessité volontaire.
Le mariage tel qu'il est est une singulière chose, mais après tout, on n'a encore rien trouvé de mieux.
Les poètes célibataires sont une peste publique; ils troublent, sans le savoir et le vouloir, tous les coeurs féminins sans emploi.
Les vilains caractères aiment à déprimer le prochain et s'en font un devoir, presque une vocation.
Nous ne sommes jamais plus mécontents des autres que lorsque nous sommes mécontents de nous. La conscience d'un tort nous rend impatients, et notre coeur rusé querelle au-dehors pour s'étourdir au-dedans.
On devient charlatan sans le savoir, et comédien sans le vouloir.
On estime beaucoup les femmes bonnes, mais sans esprit, ... mais on finit par bâiller auprès d'elles.
On se lasse d'être quarante ans dans sa propre compagnie; on finit par se subir comme un ennui et se traîner comme un boulet.
Plus on aime, plus on souffre. La somme des douleurs possibles pour chaque âme est proportionnelle à son degré de perfection.
Que vivre est difficile, ô mon coeur fatigué!
Respecter dans chaque homme l'homme, sinon celui qu'il est, au moins celui qu'il pourrait être, qu'il devrait être.
Revois deux fois pour voir juste, ne vois qu'une pour voir beau.

Œuvres de Henri-Frédéric Amiel

Fragment d'un journal intimeFragments d' un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), mai 1870Fragments d'un journal intime (1884)Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927)Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 1 janvier 1880Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 10 novembre 1852Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 1857Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 1866Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 19 août 1852Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 22 février 1853Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 27 octobre 1855Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 27 octobre 1856Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 29 février 1872Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 3 mars 1857Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 30 mai 1877Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 6 octobre 1860Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 9 août 1864Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), juillet 1879 - avril 1881Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), septembre 1863Grains de mil (1854)