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Henri Beyle, dit Stendhal

La conversation du vrai bourgeois sur les hommes et la vie, qui n'est qu'une collection de détails laids, me jette dans un spleen profond quand je suis forcé par quelque convenance de l'entendre un peu longtemps.
Je n'ai qu'un mot à te dire : il n'y a que deux moyens d'échapper à l'ennui quand on n'agit pas, ou un homme d'esprit dont la conversation vous amuse, ou un livre qui plaise.
Le sourire, lorsqu'on sent qu'on est supérieur à ce qu'on vous croit.
Le grand mal de la vie, pour moi, c'est l'ennui.
Le bonheur est d'aimer bien plus que d'être aimé.
Il faut jouir de soi-même dans la solitude, et, à l'égard de ses amis, ne dévoiler ses pensées qu'à mesure de l'esprit qu'on leur trouve, autrement on court le danger de leur paraître supérieur ; de ce moment, on est perdu.
J'aime les beaux paysages : ils font quelquefois sur mon âme le même effet qu'un archet bien manié sur un violon sonore, ils créent des sensations folles, ils augmentent ma joie et rendent le malheur plus supportable.
La véritable candeur échappe à l'esprit trop fin, appartenant à une civilisation trop raffinée.
Mais qu'est-ce que la beauté ? C'est une nouvelle aptitude à vous donner du plaisir.
Alors naquit l'esprit de galanterie, qui prépara l'anéantissement successif de toutes les passions et même de l'amour, au profit de ce tyran cruel auquel nous obéissons tous : la vanité.
Un ministère ne peut pas défaire la Bourse, et la Bourse peut défaire un ministère.
J'ai de fortes migraines, je prends de la belladone et je viens d'acheter un fusil, au total vaut-il la peine de vivre ?
Je veux absolument savoir ce que c'est que l'amour. J'irai me promener au bois avec un homme.
Monsieur l'abbé, qu'est-ce que c'est que l'amour ? Qu'est-ce que séduire ? Me séduisez-vous ? Ai-je pour vous de l'amitié ?
Voici mon malheur. Trouvez-moi un remède. Pour travailler le matin, il faut être distrait le soir, sinon le matin on se trouve ennuyé de son sujet.
Jamais cette tête n'avait été aussi poétique qu'au moment où elle allait tomber.
Je croyais vivre je me préparais seulement à la vie me voici enfin dans le monde, tel que je le trouverai jusqu'à la fin de mon rôle entouré de vrais ennemis.
Je lui trouve l'air de penser toujours et de n'agir qu'avec politique. C'est un sournois.
Ta carrière sera pénible. Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. La jalousie et la calomnie te poursuivront.
Ce qu'il y a de plus étonnant dans la passion de l'amour, c'est le premier pas, c'est l'extravagance du changement qui s'opère dans la tête d'un homme.
Prenez garde à vous si vous continuez à être de bonne foi, nous allons être d'accord.
Le pire des malheurs en prison c'est de ne pouvoir fermer sa porte.
Je suis indépendant, moi, disait-il. Pourquoi veut-on que je sois aujourd'hui de la même opinion qu'il y a six semaines ? En ce cas, mon opinion serait mon tyran.
Il avait donné à la conversation un tour de philosophie mélancolique. Il parlait de cet avenir qui allait si tôt se fermer pour lui.
Une conspiration anéantit tous les titres donnés par les caprices sociaux. Là, un homme prend d'emblée le rang qui lui assigne sa manière d'envisager la mort. L'esprit lui-même perd de son empire...

Œuvres de Henri Beyle, dit Stendhal

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