Œuvre

Mémoires d'un touriste (1838)

Je me souviens du mot de monsieur de Talleyrand aux jeunes secrétaires d'ambassade: «Méfiez-vous du premier mouvement, il est toujours généreux.»
Je trouve ces gens du bas-peuple marseillais fort grossiers: c'est là l'inconvénient du naturel.
Je remarque que les femmes sont généralement jolies à Marseille; elles ont le pied charmant, et trop d'embonpoint ne vient jamais nuire à la grâce de leur personne.
Il faut être bronzé pour étudier notre architecture ecclésiastique.
De la nécessité politique du journal dans les grandes villes naît la triste nécessité du charlatanisme, seule et unique religion du dix-neuvième siècle.
Nous donnâmes une fête de fort bon goût pour pendre la crémaillère.
La forme actuelle de cette église est celle d'un crucifix ou croix latine.
Le ciel m'a donné le talent de me faire bien voir des paysans.
J'aime les beaux paysages : ils font quelquefois sur mon âme le même effet qu'un archet bien manié sur un violon sonore, ils créent des sensations folles, ils augmentent ma joie et rendent le malheur plus supportable.