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Henri Beyle, dit Stendhal

Je trouve impertinents les privilèges de la noblesse. Je quitte une patrie où ces privilèges m'offensent, et ce serait être encore sous leur empire que de profiter du changement de pays pour donner à mon nom les apparences de la noblesse.
Qu'une femme sage ne se donne jamais la première fois par rendez-vous. - Ce doit être un bonheur imprévu.
Mais quel était l'objet de mes amours? Peut-être cela me reviendra-t-il comme beaucoup de choses me reviennent en écrivant.
Eh, monsieur, un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l'azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route.
Il n'était pas romanesque, et moi je poussais cette faiblesse jusqu'à la folie; l'absence de cette folie le rendait plat à mes yeux. Le romanesque chez moi s'étendait à l'amour, à la bravoure, à tout.
On sait assez que l'inquiétude de cet âge est une soif d'aimer, et le propre de la soif est de n'être pas excessivement difficile sur la nature du breuvage que le hasard lui présente.
Au fond, je suis pour le gouvernement absolu; c'est le seul qui donne ces belles périodes de tranquillité pendant lesquelles nous avons le temps, nous autres gens positifs, d'amasser des fortunes.
La politesse n'est que l'absence de colère que donneraient les mauvaises manières.
L'air triste ne peut être de bon ton; c'est l'air ennuyé qu'il faut. Si vous êtes triste, c'est donc quelque chose qui vous manque, quelque chose qui ne vous a pas réussi.
La tristesse, lorsqu'on connaît le monde, prouve qu'on a des passions que l'impossibilité de les satisfaire n'a pas encore pu guérir.
Je n'ai jamais eu le talent de séduire qu'envers les femmes que je n'aimais pas du tout. Dès que j'aime, je deviens timide et vous pouvez en juger par le décontenancement dont je suis auprès de vous.
Toutes nos erreurs viennent de nos souvenirs. C'est donc un immense avantage d'avoir une bonne mémoire.
Je supplie le lecteur, si jamais j'en trouve, de se souvenir que je n'ai de prétention à la véracité qu'en ce qui touche mes sentiments, quant aux faits j'ai toujours eu peu de mémoire.
Le journal pourra-t-il jamais remplacer le curé?
Soupçonner qu'un rival est aimé est déjà bien cruel, mais se voir avouer en détail l'amour qu'il inspire, par la femme qu'on adore, est sans doute le comble.
Soupçonner qu'un rival est aimé est déjà cruel, mais se voir avouer en détail l'amour qu'il inspire par la femme qu'on adore est sans doute le comble des douleurs.
L'amour de tête a plus d'esprit sans doute que l'amour vrai, mais il n'a que des instants d'enthousiasme; il se connaît trop, il juge sans cesse; loin d'égarer la pensée, il n'est bâti qu'à force de pensées.
Se sacrifier à ses passions, passe; mais à des passions qu'on n'a pas! O triste dix-neuvième siècle.
La vie est si courte à mon âge, qu'il ne faut cependant pas se priver de tout plaisir, parce qu'il peut y avoir un petit, tout petit danger.
L'amour est, comme vous le savez, le père des imprudences.
C'est le plus grand service possible, un service en action, et non en paroles.
Un roman est un miroir que l'on promène le long du chemin.
Il eût été difficile d'avoir l'air plus noble et plus insignifiant.
Qui s'avise de devenir amoureux d'une reine, à moins qu'elle ne fasse des avances ?
L'excès de la pudeur et sa sévérité découragent d'aimer les âmes tendres et timides, justement celles qui sont faites pour donner et sentir les délices de l'amour.

Œuvres de Henri Beyle, dit Stendhal

Armance (1827)Armance (1827), Avant-ProposArmance (1827), XXIIIChroniques italiennes (1837)Chroniques italiennes (1837-1839)Chroniques italiennes (1837-1839), Le Coffre et le RevenantCité par Gustave Thibon dans L'équilibre et l'harmonie (1976)CorrespondanceCorrespondance, 14 septembre 1820Correspondance, au baron de Mareste, 21 décembre 1819Correspondance, à Honoré de Balzac, 30 octobre 1840De l'amour (1822)De l'amour (1822), Deuxième préfaceDe l'amour (1822), Fragments divers, 139De l'amour (1822), Fragments divers, 83De l'amour (1822), LVIDe l'amour (1822), Lettre à Matilde, 7 juin 1819De l'amour (1822), XXIVDe l'amour (1822), XXVIDe l'amour (1822), XXXII