Auteur

George Sand

Que devient la morale, devant laquelle pourtant toutes les écoles s'inclinent et toutes les discussions cessent, si l'homme ne peut puiser à une source certaine les premières conditions de la moralité?
Endormons-nous comme nous nous réveillerons, en nous aimant!
L'imagination est si puissante quand la raison ne l'enchaîne pas!
J'aurais dû être persuadé d'avance que là où la réflexion et la méditation n'existent pas, la rêverie est toujours féconde et agréable.
Si l'amour est orgueilleux et susceptible, si son pardon est humiliant et inacceptable ; celui de l'amitié est le plus saint et le plus doux des bienfaits.
Qu'est-ce donc qu'un amour vrai, si ce n'est une amitié exaltée ? Oui, l'amour, c'est l'amitié portée jusqu'à l'enthousiasme. On dit que l'amour seul est aveugle ! Là où l'amitié est clairvoyante, elle est si froide, qu'elle est bien près de mourir.
La délicatesse des idées et la ferveur des sentiments ne sont donc pas la dot céleste des femmes exclusivement.
Mes prédictions, à moi sont des raisonnements; mes visions sont des perceptions élevées à leur plus haute puissance. Le poète est autre chose que le sorcier. Il rêve à coup sûr, tandis que l'autre invente au hasard.
Ne crois pas que la colère vaincue et la peine endurée soient les ennemis du talent. Loin de l'épuiser, elles le stimulent.
Pour apprendre à commander, il faut apprendre à obéir.
L'homme fort sent sa propre dignité, rit en lui-même des pitoyables inventions avec lesquelles on veut tenter son courage, et, sûr de leur impuissance, il s'endort sans inquiétude et s'éveille sans crainte.
Vous aimez, vous êtes aimé. Tant mieux. Après tout, voyez-vous, il n'y a que cela de bon sur la terre. Le reste ne vaut pas la peine qu'on se donne pour manger et dormir tous les jours.
La liberté de penser et d'agir est le premier des biens.
Ce sont les âmes douces et résignées du peuple qui entretiennent l'orgueil et la rudesse des grands.
Est-ce qu'on peut se connaître ? Est-ce qu'on connaît jamais quelqu'un ?
Ce qui me rongeait autrefois, ce qui me rongera toujours, c'est un besoin de sympathie.
Eh bien moi, je ne veux pas mourir. Je veux aimer. Je veux rajeunir, je veux vivre.
Je ne savais pas que rien de beau ni de noble ne se groupe autour des sommités intellectuelles et qu'il n'existe pas de hiérarchie morale acceptée par des hommes de talent.
On ne fait un journal que quand les passions sont éteintes ou qu'elles sont arrivées à l'état de pétrification qui permet de les explorer comme des montagnes d'où l'avalanche ne se détachera plus.
Faire un journal c'est renoncer à l'avenir.
Ne sais-tu pas qu'il n'y a pas de vie sans douleur et pas de médaille sans revers ?
Tu aimes trop la littérature, elle te tuera et tu ne tueras pas la bêtise humaine. Pauvre chère bêtise, que je ne hais pas, moi, et que je regarde avec des yeux maternels, car c'est une enfance, et toute enfance est sacrée.
La sagesse comprend tout, le beau, le vrai, le bien, l'enthousiasme par conséquent. Elle nous apprend à voir hors de nous quelque chose de plus élevé que ce qui est en nous, et à nous de l'assimiler peu à peu par la contemplation et l'admiration.
J'ai passé bien des nuits sans dormir, bien des jours sans m'asseoir. On est fou, on est ivre, on est heureux de s'être endormi dans la fange et de se réveiller dans les cieux.
Marche droit ; c'est ennuyeux selon toi. Selon moi, c'est agréable et sain. Efforce-toi de comprendre pourquoi j'en juge ainsi et essaye de trouver le bonheur où il est, dans la conscience. Tu auras beau le chercher, tu ne le trouveras pas ailleurs.

Œuvres de George Sand

A Alfred de Musset, 1 mai 1834A Madame Dupin, sa mère, 31 mai 1831.Aldo le rimeurAntonia (1863)ApocrypheCes Beaux Messieurs de Bois-Doré (1858)Constance Verrier (1860)Consuelo (1843)Contes d'une Grand-MèreContes d'une Grand-Mère (1873)CorrespondanceCorrespondance, 15 avril 1834Correspondance, 1833Correspondance, 1875Correspondance, à Alexandre Saint-Jean, 19 Avril 1872Correspondance, à Alfred de Musset, 29 avril 1834Correspondance, à Armand Barbès, mai 1867Correspondance, à Bocage, 23 février 1845Correspondance, à Charles Poney, 16 novembre 1866Correspondance, à Joseph Mazzini, septembre 1850.