Le plus souvent ces êtres angéliques sont les plus dangereux et les plus perfides. Ils s'arrangent pour vous mettre à leurs pieds, et quand vous y êtes, ils jettent leur soulier rose et vous font voir la double griffe.
Tu sais bien que la curiosité est un trouble de l'âme, une maladie! La vertu, c'est le calme et la santé.
Il n'y a rien de tel pour rendre les enfants gentils que de les fouailler jusqu'au sang.
Rien n'est moins effrayant que cette douce et perfide invasion de la marée montante.
Je ne tiens qu'aux choses qui me viennent des êtres que j'ai aimés et qui ne sont plus. Alors j'en suis avare, quelque peu de valeur qu'elles aient.
La beauté est meilleur avocat que l'éloquence.
Paris est le temple de vérité où l'on pense tout haut et où l'on s'apprend les uns aux autres ce que l'on doit penser de tout.
On aime mieux que l'innocence succombe fièrement sans demander conseil, et qu'elle porte sans se plaindre la fatalité du destin.
Les Françaises sont beaucoup moins coquettes que les femmes russes, mais elles sont plus téméraires, plus franches, si vous voulez, parce qu'elles sont plus braves.
C'est au regard surtout qu'il faut s'attacher pour bien spécifier l'état ou le rang des personnes. Un parvenu n'aura jamais l'aisance et la dignité d'un vrai grand seigneur, fût-il chamarré de broderies et de décorations.
C'est le propre de la vanité de vouloir imposer le respect et l'amour de sa domination.
La peinture donne plus de liberté; elle permet une existence plus retirée, et les jouissances qu'elle procure doublent de prix dans la solitude.
Le monde est une comédie, voilà ce qu'il y a de certain, et voilà pourquoi je te disais tout à l'heure: Traversons gravement, ma noble fille, cette méchante mascarade qui s'appelle le monde.
La vie est une grande énigme, et il ne faut pas laisser passer le moindre fait sans le commenter et le comprendre. C'est toujours autant de deviné.
Ceux qui sont partis vivent, chantent et pensent maintenant une octave plus haut que nous; c'est pourquoi nous ne les entendons plus; mais nous savons bien que le choeur sacré des âmes n'est pas muet et que notre partie y est écrite et nous attend.
Pour percevoir l'idéal en dehors de soi, il faut donc le percevoir en soi. Pour connaître Dieu, l'homme doit se connaître, et mon avis est qu'il ne l'ignore que parce qu'il s'ignore lui-même.
Ne pas consentir à ce que l'univers soit ce qu'il est, c'est ne pas consentir à être ce que nous sommes, et le considérer comme une énigme, c'est se résoudre à ne jamais déchiffrer celle de notre propre vie.
Vivons par toutes nos âmes, mais vivons en gens de bien, et, comme l'éphémère dans le rayon éternel, buvons le plus possible de chaleur et de lumière. En avions-nous donc trop, hélas! pour que l'on cherche à nous en ôter?
Je veux que la patte du diable me serve de crucifix à mon dernier jour, si je mens.
Deux amoureux sont là guettant la fleur charmante: - Le papillon superbe et la bête rampante; - L'une qui souille tout dans son embrassement, - L'autre qui du pollen s'enivre follement.
Femmes, talents, beautés, contemplez votre image; - Toujours un ennemi s'abreuve de vos fleurs, - Soit qu'il dévore, abject, la tige et le feuillage, - Soit qu'il pille, imprudent, le parfum de vos coeurs!
Art et poésie, voilà les deux ailes de notre âme. Que la note soit terrible ou délicieuse, elle éveille l'instinct sublime engourdi qui s'ignore, ou le renouvelle quand elle le trouve épuisé par la fatigue et la tristesse.
Chantez, chantez, poète de ce siècle! Jamais vous ne fûtes si nécessaire à notre génération. Promenez votre caprice dans la tendre et moqueuse antithèse du rire antique et du rire moderne: O fraîcheur du rire! ombre pure! Mystérieux apaisement!
Les mots, hélas! words, words, words! quel rôle insensé et déplorable ils jouent dans le monde! A combien de discussions oiseuses ils donnent lieu!
Si la science est triste, c'est parce qu'elle est toujours persécutée. Elle lutte, elle a l'austérité et la dignité de sa tâche écrite sur le front en caractères sacrés.
Œuvres de George Sand
A Alfred de Musset, 1 mai 1834A Madame Dupin, sa mère, 31 mai 1831.Aldo le rimeurAntonia (1863)ApocrypheCes Beaux Messieurs de Bois-Doré (1858)Constance Verrier (1860)Consuelo (1843)Contes d'une Grand-MèreContes d'une Grand-Mère (1873)CorrespondanceCorrespondance, 15 avril 1834Correspondance, 1833Correspondance, 1875Correspondance, à Alexandre Saint-Jean, 19 Avril 1872Correspondance, à Alfred de Musset, 29 avril 1834Correspondance, à Armand Barbès, mai 1867Correspondance, à Bocage, 23 février 1845Correspondance, à Charles Poney, 16 novembre 1866Correspondance, à Joseph Mazzini, septembre 1850.