Quand un homme est malheureux, on craint de ne pas le trouver assez coupable, parce qu'on craint d'être forcé de le plaindre.
La flatterie est le joug qui courbe si bas ces têtes ardentes et légères. Malheur à qui veut porter la franchise dans l'amour!
Les hommes, et les amants surtout, ont la fatuité innocente de vouloir protéger la faiblesse plutôt que d'admirer le courage chez les femmes.
La société ne condamne que les actes qui lui sont nuisibles; la vie privée n'est pas de son ressort.
Le solitaire n'est que l'ombre d'un mortel, et celui qui n'est point aimé est seul partout et avec tous.
Le plus honnête des hommes est celui qui pense et qui agit le mieux, mais le plus puissant est celui qui sait le mieux écrire et parler.
Rien n'est si facile et si commun que de se duper soi-même quand on ne manque pas d'esprit et quand on connaît bien toutes les finesses de la langue.
Le premier amour d'un coeur comme le sien a tant de pudeur et de délicatesse!
Ce n'est point pour faire le philanthrope; c'est que l'égoïsme bien entendu nous conduit à faire du bien aux hommes pour les empêcher de nous faire du mal.
Ce n'est pas la première fois que je remarque combien, en France particulièrement, les mots ont plus d'empire que les idées.
L'art pour l'art est un vain mot. L'art pour le vrai, l'art pour le beau et le bon, voilà la religion que je cherche.
L'art n'est pas une étude de la réalité positive; c'est une recherche de la vérité idéale.
Tous, quand nous avons un peu de loisir et d'argent, nous voyageons, ou plutôt nous fuyons, car il ne s'agit pas tant de voyager que de partir, entendez-vous? Quel est celui de nous qui n'a pas quelque douleur à distraire ou quelque joug à secouer?
On est heureux par soi-même quand on sait s'y prendre, avoir des goûts simples, un certain courage, une certaine abnégation, l'amour du travail et avant tout une bonne conscience.
Le bonheur n'est pas une chimère, j'en suis sûre à présent; moyennant l'expérience et la réflexion, on tire de soi beaucoup; on refait même sa santé par le vouloir et la patience.
Je crois seulement qu'un homme ne doit jamais laisser voir à son ennemi qu'il a peur.
Il est dans l'amour un sanctuaire dans lequel on ne peut plus rentrer quand on a fait un seul pas hors de son enceinte.
L'amour n'est pas autre chose que l'idée de la supériorité de l'être qu'on possède, et, cette idée détruite, il n'y a plus que l'amitié.
L'amour est un jeu de hasard.
La beauté est inséparable, dans les idées de province, de la fraîcheur et de la santé.
Il n'est point de société plus funeste à la réputation d'une jeune actrice que celle de certains hommes du monde.
Quand on est si loin de toute amitié, si seule, si triste, toute démarche difficile devient impossible. On s'observe, on se craint soi-même, et l'on se suicide dans la peur de se laisser mourir.
Compromettre une femme, c'est se servir des apparences qu'on a fait naître pour la calomnier ou la laisser calomnier.
Il n'est si bon ménage où le plus léger propos ne puisse jeter le trouble.
Il vaut bien mieux confesser nos travers que de nous les entendre reprocher à tout propos.
Œuvres de George Sand
A Alfred de Musset, 1 mai 1834A Madame Dupin, sa mère, 31 mai 1831.Aldo le rimeurAntonia (1863)ApocrypheCes Beaux Messieurs de Bois-Doré (1858)Constance Verrier (1860)Consuelo (1843)Contes d'une Grand-MèreContes d'une Grand-Mère (1873)CorrespondanceCorrespondance, 15 avril 1834Correspondance, 1833Correspondance, 1875Correspondance, à Alexandre Saint-Jean, 19 Avril 1872Correspondance, à Alfred de Musset, 29 avril 1834Correspondance, à Armand Barbès, mai 1867Correspondance, à Bocage, 23 février 1845Correspondance, à Charles Poney, 16 novembre 1866Correspondance, à Joseph Mazzini, septembre 1850.