Un refus de femme est pire que le soufflet d'un homme.
L'amitié a ses jalousies comme l'amour.
La vanité est le plus despote et le plus inique des maîtres, et je ne prendrai jamais l'engagement d'être l'esclave de mon propre vice.
L'or est chose si précieuse et si tentante qu'on le cherche parfois même dans la fange.
Les aigles ne s'apprivoisent point comme des alouettes.
Le véritable artiste est celui qui a le sentiment de la vie, qui jouit de toutes choses, qui obéit à l'inspiration sans la raisonner, et qui aime tout ce qui est beau sans faire de catégories.
On dit que l'amour seul est aveugle! Là où l'amitié est clairvoyante, elle est si froide, qu'elle est bien près de mourir.
Crois-moi, quand l'amour parle à ton coeur, élève ton coeur vers Dieu qui est toute mansuétude et toute bonté. Tu sentiras alors ce coeur blessé redevenir calme et naïf comme celui d'un petit enfant.
Vous sauriez que la femme est l'être le plus impressionnable de la création, et par conséquent celui qui peut nous donner le plus de jouissance et le moins de droits, le plus d'ivresse et le moins de sécurité.
Là où le langage est ridicule, les habitudes grossières, le désordre habituel, la mine impertinente et le métier ignoble, pouvez-vous espérer de découvrir un grand coeur et un grand esprit?
Il faut une âme forte et riche en générosité pour résister au découragement qui naît de la déception. Les esprits faibles, en pareille occasion, se dégradent et se corrompent; les imaginations vives et superbes s'endurcissent et se dessèchent.
L'argent du pauvre n'avait pour lui qu'une mauvaise odeur de cuivre; mais le cuivre même du mauvais riche avait une couleur d'or qui l'affriandait.
Le système monarchique ne tend pas à ennoblir le coeur de l'homme.
L'amitié, lorsqu'elle n'est qu'une survivance de l'amour, est plus susceptible de calcul et plus froide dans ses jugements.
L'expression du bonheur dans l'amour semble être exclusivement accordée à la jeunesse, et, quand on la rencontre sur un front flétri par les années, elle y jette de magiques éclairs.
La vie ressemble plus souvent à un roman qu'un roman ne ressemble à la vie.
Nous ne pouvons arracher une seule page de notre vie, mais nous pouvons jeter le livre au feu.
La rose ne s'est pas créée elle-même, son parfum n'en est pas moins suave parce qu'il émane d'elle sans qu'elle en ait conscience; mais il ne faut pas trop s'étonner si la rose se flétrit en un jour.
Quelque méchant qu'on soit, on ne réussit guère à faire le mal avec plaisir. Si ce n'est le remords, c'est la honte qui paralyse souvent les ressources de la perversité.
Le véritable esprit des femmes pourra encore consister pendant longtemps à savoir interroger et écouter; mais il leur est déjà permis de comprendre ce qu'elles écoutent et de vouloir une réponse sérieuse à ce qu'elles demandent.
La vertu seule ne suffit pas toujours à dédommager des longs ennuis de la solitude.
Je hais le mariage, je hais tous les hommes, je hais les engagements éternels, les promesses, les projets, l'avenir arrangé à l'avance par des contrats et des marchés dont le destin se rit toujours.
Je n'aime plus que les voyages, la rêverie, la solitude, le bruit du monde, pour le traverser et en rire, puis la poésie pour supporter le passé, et Dieu pour espérer l'avenir.
Il n'y a que les grandes âmes qui soient condamnées à être victimes des hommes et de l'opinion.
L'aveugle prédilection des femmes, la sotte jalousie des vulgaires rivaux, c'en est assez pour fausser un jugement novice et corrompre un esprit sans expérience.
Œuvres de George Sand
A Alfred de Musset, 1 mai 1834A Madame Dupin, sa mère, 31 mai 1831.Aldo le rimeurAntonia (1863)ApocrypheCes Beaux Messieurs de Bois-Doré (1858)Constance Verrier (1860)Consuelo (1843)Contes d'une Grand-MèreContes d'une Grand-Mère (1873)CorrespondanceCorrespondance, 15 avril 1834Correspondance, 1833Correspondance, 1875Correspondance, à Alexandre Saint-Jean, 19 Avril 1872Correspondance, à Alfred de Musset, 29 avril 1834Correspondance, à Armand Barbès, mai 1867Correspondance, à Bocage, 23 février 1845Correspondance, à Charles Poney, 16 novembre 1866Correspondance, à Joseph Mazzini, septembre 1850.