Œuvre

Lélia (1833)

Il y a... des enfants qui viennent au jour avec des douleurs qu'on dirait contractées dans la tombe.
J'aurais voulu assister à quelque déluge nouveau, à la chute d'une étoile, à un cataclysme universel.
N'avez-vous jamais pleuré d'amour, pour ces blanches étoiles qui sèment les voiles bleus de la nuit?
Changer d'amant n'est pas changer d'amour.
L'être qui aspire à des joies toujours nobles, à des plaisirs toujours vivement et saintement sentis, à une continuelle association de l'amour moral à l'amour physique, est un ambitieux destiné à un bonheur immense ou à une éternelle douleur.
A force de mépriser tout ce qui est, je conçus le mépris de moi-même, sotte et vaine créature, qui ne savais jouir de rien à force de vouloir jouir splendidement de toutes choses.
Ce fut une lutte puissante et une victoire misérable; car, à force de mépriser tout ce qui est, je conçus le mépris de moi-même, sotte et vaine créature, qui ne savais jouir de rien à force de vouloir jouir splendidement de toutes choses.
Au coeur de l'homme les rêves ne manquent jamais, l'attente et le souvenir sont des trésors toujours ouverts.
L'amour est un jeu de hasard.
La pitié est un sentiment voisin du mépris et la main qui soutient un ami chancelant s'engourdit bientôt.
Laissez l'enfant croître et vivre, n'étouffez pas la fleur dans son germe. Ne jetez pas votre haleine glacée sur ses belles journées de soleil et de printemps.
Aimer, c'est vivre à deux.
L'imagination escalade sans cesse le ciel, l'homme reste engourdi dans son limon. Le cerveau enfante, les actions avortent. Le coeur promet, la main refuse.
Rien n'est plus arbitraire que le sens du mot amour. Tous les amours sont vrais, qu'ils soient fougueux ou paisibles, sensuels ou ascétiques, durables ou passagers, qu'ils mènent les hommes au suicide ou au plaisir.
Les amours de tête conduisent à d'aussi grandes actions que les amours de coeur. Ils ont autant de violence, autant d'empire, autant de durée.
La souffrance excite, ranime, irrite les nerfs ; elle fait saigner le coeur, elle abrège l'agonie. C'est la convulsion violente, terrible, qui nous relève de terre et nous donne la force de nous dresser vers le ciel pour maudire et crier.
Il y a un refuge contre les hommes, c'est le suicide ; il y a un refuge contre Dieu, c'est le néant.