Auteur

Georg Christoph Lichtenberg

Les gens qui jamais n'ont le temps sont ceux qui le moins accomplissent.
Tout apprendre, non point pour l'afficher, mais s'en servir.
J'ai lié par l'écriture un amas de grêles pensées et d'esquisses ; ce qu'elles attendent c'est moins qu'on les remette sur le métier que les quelques rayons de soleil qui les feront germer.
La plèbe se damne par la chair jouissant contre l'esprit et le savant, lui, par l'esprit qui jouit contre la chair.
Un fou qui s'imagine être un prince ne se différencie aucunement du prince qu'il croit être, hormis qu'il est le négatif du prince et ce dernier, le négatif du fou. Qu'on néglige de considérer les signes, ils sont égaux.
Nous nous émerveillons quelquefois des peuples indiens qui s'envoient des messages de fumée ; nos lettres sont-elles autre chose qu'une vapeur s'alignant et qui, quand on en sait reconnaître les ombres, forme certains livres ?
On dit que l'on tire très bien lorsqu'on a bu : voyez l'affinité entre l'art du tir et l'art poétique.
Lorsqu'en pensée je vois quelqu'un d'important qui est méchant homme, je songe toujours qu'il est peut-être le bourreau de son âme, et qu'il lui inflige un châtiment que nul autre ne peut ni ne doit lui prescrire.
La tête est chez moi à un pied au moins plus près du coeur que chez la plupart des hommes ; de là vient ma grande droiture : les décisions peuvent être ratifiées lorsqu'elles sont chaudes encore.
C'est dans une mise poudreuse que Diogène marcha sur les magnifiques tapis de la demeure de Platon. Je foule aux pieds l'orgueil de Platon, dit-il. C'est juste, répliqua Platon, seulement, tu le fais avec une autre sorte d'orgueil.
Il parlait fort librement là où chacun prenait une pieuse expression mais, en revanche, il prêchait la vertu là où nul ne le faisait.
Ils avaient laissé passer pour le jeune homme le temps favorable à la greffe, si bien que rien ne voulait plus pousser de ce tronc sauvage.
Ce n'est pas la force de son esprit mais celle du vent qui a élevé cet homme.
Nos faiblesses ne nous desservent plus dès lors qu'on les connaît.
Trouver l'idée qui ferait toujours mourir de rire l'homme qui l'entend.
Comme un grand bavard philosophe, il a moins à faire avec la vérité qu'avec le son de sa prose.
Les professeurs d'université devraient exposer leurs enseignes, comme les aubergistes.
La Rochefoucauld, dans ses Maximes, écrit que dans l'adversité de nos meilleurs amis nous trouvons toujours quelque chose qui ne nous déplaît pas ; celui qui nie la vérité de cette pensée, ou bien ne la comprend pas, ou bien ne se connaît point.
Pour bien se rendre compte de ce que l'homme pourrait faire s'il voulait, il suffit de penser aux gens qui se sont sauvés ou on voulu se sauver de prison. Ils ont fait autant avec un simple clou, que s'ils avaient eu un bélier.
Ce n'est pas la force de son esprit, mais celle du vent qui a porté cet homme où il est.
Il est certes effroyable de vivre quand on ne veut pas, mais il serait plus épouvantable encore d'être immortel quand on veut mourir.
Il y a vraiment bien des hommes qui ne lisent que pour ne point penser.
La plus divertissante des surfaces de cette terre est pour moi le visage humain.
Je crois qu'il est bien préférable de puiser en nous que dans Platon, car on peut le mécomprendre, tandis que l'on est toujours assez près de soi pour alléger les difficultés et éclairer ce qui est obscur.
Dieu créa l'homme à son image, dit la Bible ; les philosophes font le contraire, ils créent Dieu à la leur.

Œuvres de Georg Christoph Lichtenberg

AphorismesAphorismes (1800-1806)Le Miroir de l'âme (1773-1796)Le miroir de l'âmeLe miroir de l'âme, B 338Le miroir de l'âme, D 131Le miroir de l'âme, D 300Le miroir de l'âme, D 331Le miroir de l'âme, D 581Le miroir de l'âme, E 63Le miroir de l'âme, F 1133Le miroir de l'âme, F 447Le miroir de l'âme, G 13Le miroir de l'âme, G 67Le miroir de l'âme, H 25Le miroir de l'âme, J 1226Le miroir de l'âme, J 37Le miroir de l'âme, J 511Le miroir de l'âme, J 73Le miroir de l'âme, L 368