Auteur

Franz Kafka

Dieu ne veut pas que j'écrive, mais moi je dois.
L'avarice est, en effet, l'un des signes les plus sûrs d'un profond malheur.
L'éternelle jeunesse est impossible : même s'il n'y avait q'autre obstacle, l'observation de soi-même la rendrait impossible.
La vraie voie passe sur une corde tendue, non dans l'espace, mais à ras du sol. Elle semble plutôt destinée à faire trébucher qu'à être parcourue.
L'instant décisif de l'évolution humaine dure toujours. C'est pourquoi les mouvements spirituels et révolutionnaires, qui déclarent nul tout ce qui fut jadis, le font à juste titre, car rien encore ne s'est produit.
Le Bien, en un certain sens, est désolant.
Croire au progrès ne signifie pas croire qu'un progrès ait déjà eu lieu. Cela ne serait pas une croyance.
Il n'y a d'autre monde que le monde spirituel. Ce que nous nommons le monde sensible est le Mal dans le monde spirituel, et ce que nous nommons mal n'est que la nécessité de notre éternelle évolution.
Celui qui se suicide est le prisonnier qui, voyant que l'on dresse un gibet dans la cour, croit que c'est à lui qu'on le destine, s'évade la nuit de la cellule, descend dans la cour et se pend lui-même.
La plupart des vieilles gens ont quelque chose de trompeur, de menteur dans leur façon d'être avec les gens plus jeunes qu'eux.
Je t'aime, tête dure, comme la mer aime le menu gravier de ses profondeurs ; mon amour ne t'engloutit pas moins ; et puissé-je être aussi pour toi, avec la permission des cieux, ce qu'est le gravier pour la mer !
La douleur me guette dans les tempes. Est-ce que la flèche m'a été tirée dans les tempes au lieu de m'être tirée dans le coeur ?
Mon amour de toi ne s'aime pas.
Celui qui, vivant, ne vient pas à bout de la vie, a besoin d'une main pour écarter un peu le désespoir que lui cause son destin.
Celui, qui, vivant, ne vient pas à bout de la vie, a besoin d'une main pour écarter un peu le désespoir que lui cause son destin.
Les arrière-pensées avec lesquelles tu accueilles en toi le mal ne sont pas les tiennes mais celles du mal.
En théorie, il existe une parfaite possibilité de bonheur : croire à ce qu'il y a d'indestructible en soi et ne pas y aspirer.
Croire veut dire : libérer en soi ce qui est indestructible, ou plus exactement : se libérer, ou plus exactement : être indestructible, ou plus exactement : être.
On ne peut pas dire que nous manquions de foi. Le seul fait que nous vivions est une vraie mine nous renseignant sur la valeur de notre foi.
On cite au village un proverbe que tu connais peut-être déjà : Les décisions de l'administration sont timides comme des jouvencelles.
Qu'ai-je de commun avec les Juifs ? C'est à peine si j'ai quelque chose de commun avec moi-même et je devrais me tenir bien tranquille dans un coin, content de pouvoir respirer.
Qu'ai-je de commun avec les Juifs ? C'est à peine si j'ai quelque chose de commun avec moi-même
On ment le moins possible seulement quand on ment le moins possible, et non quand on en a le moins l’occasion.

Œuvres de Franz Kafka

Cahiers in-octavo (1916-1918) (2009)Conversations avec Franz Kafka (1978) (de Gustav Janouch)CorrespondanceDans Conversations avec Kafka (1978) de Gustav Janouch.JournalJournal (1910-1920)Journal (1931)Journal (1954)Journal de Kafka, 8 janvier 1914Journal intime (1948)Journal intime (1948), 10 avril 1922Journal intime, 10 avril 1922Journal, 17 septembre 1920Journal, 19 octobre 1921Journal, 1931Journal, 2 décembre 1921Journal, 21 août 1913Journal, 22 janvier 1918Journal, 26 mars 1912Journal, 9 octobre 1911