Auteur

Edmond Jabès

Il y eut, jadis, une main pour nous conduire à la vie. Un jour y aura-t-il une main pour nous conduire à la mort?
Rien n'est vrai. Tout pourrait l'être.
L'homme est lien et lieu écrits.
Ceux qui s'appliquent à bien former leurs lettres, ceux dont les mots sont scrupuleusement dessinés, sont des êtres comblés.
Tu crois à la raison, comme si elle était raisonnable.
Tu es belle de toutes mes raisons de te trouver belle et que tu appelles ma déraison.
Ce n'est pas qu'on veuille être libre, mais on y rêve.
Ne confonds pas justice et vérité ; car la justice est rendue au nom de la vérité et la vérité se cherche.
Savoir, c'est questionner.
La pensée est toujours en retard sur le regard, ce qui longtemps nous fit croire qu'une partie du monde nous était cachée.
Etre l'univers, les saisons des vocables bercés, réconciliés.
Nous rassemblerons les images et les images des images jusqu'à la dernière qui est blanche et sur laquelle nous nous accorderons.
L'enfant pleurait. Ses cris étaient des aiguilles, de toutes petites aiguilles d'acier et de sel autour du lit, et peut-être, autour de la maison, dans la nuit.
Il y a eu les charniers et l'herbe dessus, le champ. Les fleurs sont dans le coup. Elles ont été nourries d'os et de pensées d'os. Leur parfum est parjure.
Et Sarah dit : Je suis dans la brume dorée où tu m'as laissée, Yukel. Je suis l'or glacé.

Œuvres de Edmond Jabès

Colloque de Saint-HubertDans Revue des Sciences Humaines, 1981.Du désert au livre (1981)La Mémoire et la main (1987)Le Livre de Yukel (1964)Le Livre des Questions (1963)Le Livre des Questions (1988)Le Livre des Ressemblances (1980)Le Livre des Ressemblances (1980), L'Ineffaçable, l'inaperçuLe Livre des marges (1987)Le Petit Livre de la subversion hors de soupçon (1982)Le Retour au livre (1965)Le Soupçon, le désertLes Cahiers du doubleLivre des Questions (1963-1965)Récit