Œuvre

Le Livre des marges (1987)

Il y a des limites au désespoir. Il n'y a pas de limites à l'espérance.
L'écrivain s'écrit en lisant, le lecteur se lit dans l'écrit.
Nous partons toujours du texte écrit pour revenir au texte à écrire, de la mer à la mer, du feuillet au feuillet.
Le temps est une mémoire sans objet. Forcer le temps à se souvenir c'est, pour ainsi dire, arrêter le temps.
L'écrivain n'est libre de son écriture que par l'usage qu'il en fait: c'est-à-dire, par sa propre lecture. Comme si écrire avait pour but, en somme, à partir de ce qui a été écrit, d'instaurer la lecture de ce qui viendra s'écrire.
Le sens des mots est celui de leur aventure; le sens qu'ils accordent - et nous force à attribuer - à leur propre éploiement et à leur rature.