L'écrivain n'est libre de son écriture que par l'usage qu'il en fait: c'est-à-dire, par sa propre lecture. Comme si écrire avait pour but, en somme, à partir de ce qui a été écrit, d'instaurer la lecture de ce qui viendra s'écrire.
❧
Et Sarah dit : Je suis dans la brume dorée où tu m'as laissée, Yukel. Je suis l'or glacé.
◆
À lire aussi de Edmond Jabès
Etre l'univers, les saisons des vocables bercés, réconciliés.
L'écrivain s'écrit en lisant, le lecteur se lit dans l'écrit.
Rien n'est vrai. Tout pourrait l'être.
Pratiquer l'écriture, c'est pratiquer sur sa vie une ouverture par laquelle la vie se fera texte.
Dans la même œuvre
Ecrire, c'est rendre le sommeil aux mots. La page est le dortoir; alors le rêve prend les rênes et tu peux boire à l'étape.
Nous rassemblerons les images et les images des images jusqu'à la dernière qui est blanche et sur laquelle nous nous accorderons.
L'enfant pleurait. Ses cris étaient des aiguilles, de toutes petites aiguilles d'acier et de sel autour du lit, et peut-être, autour de la maison, dans la nuit.