Auteur

Clara Dupont-Monod

Écrire un poème, c'est s'offrir une trêve. Mieux : le rêve de ce qu'on ne sera pas. Les guerriers y abaissent leurs armes. Les pillards s'y découvrent mécènes. Les laides s'inventent ravissantes et les lâches, en quelques vers, tracent de grandes histoires de courage.
La mort unie les êtres, soude les villages. On l'aime pour cela. Sa menace rapproche les hommes. La mort, vous le voyez, est la pire ennemie de la solitude.
Je connais deux moments où les rois sont ridicules. Lorsqu'ils sont en colère et lorsqu'on les épouse. Ils découvrent combien ils sont petits.
Paris : une femme énorme et sale qui danse parmi ses immondices.
Les hommes sont fragiles. Ils ne connaissent pas les fêlures, seulement les gouffres.
Le tout n'est pas de savoir grandir, mais de se lever.
Le pouvoir ne tolère ni la dévotion ni la sincérité absolue.
On reconnait même l'homme de pouvoir à ce qu'il peut afficher l'exact contraire de ce qu'il ressent. Voilà pourquoi le rôle de souverain n'est pas fait pour les hommes intègres, ce que je suis, ce que j'étais, avant toi.
On ne peut pas tenir un royaume les yeux enfiévrés, le coeur ourlé d'amertume.
Il faut se méfier de la désillusion. C'est une main qui lève le couvercle, libère les questions assassines.
Je suis un être de mots. Là est le vrai pouvoir. Il suppose la maitrise d'une puissance redoutable, celle du langage.
Il est des temps qu'il faut savoir ignorer. Faute de quoi, à force de les contempler derrière soi, on se brise le cou.
J'aime la colère parce qu'elle a toujours quelque chose à révéler.

Œuvres de Clara Dupont-Monod

La Passion selon Juette (2007)La folie du roi Marc (2000)La révolteLe roi disait que j'étais diable (2014)