Personne ne peut séparer la poésie de la violence. Elles sont les deux facettes d'un élan qui pousse à vivre et qu'il serait criminel de vouloir détruire.
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J'aime la colère parce qu'elle a toujours quelque chose à révéler.
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N'aime jamais, avait enseigné Aliénor. Admire, dévore, enchante, mais n'aime jamais ou tu seras dépouillé
Dans l'église, tout le monde récite les textes comme on déclare son nom. C'est quelque chose de familial. Dieu est un lointain cousin. Personne ne songe à remettre en cause une parenté.
Admire, dévore, enchante, mais n'aime jamais ou tu seras dépouillé
Les miracles ne s'apprennent pas dans les chapelles. Il suffit d'ouvrir les yeux.
Dans la même œuvre
La joie est stupide. Elle s'offre facilement. C'est l'émotion la plus reconnaissable, donc la moins perfide. Elle fendille les visages avec la stupeur un peu niaise de se découvrir léger. Rien n'est plus angoissant qu'un être joyeux.
Regretter un combat est bien pire que de le perdre.
La joie produit de mauvais combattants. Je lui préfère la colère, c'est une autre histoire. Elle fait bouillir le sang. Elle est la forme même de la vie, sa première vocifération. Elle peut trahir. J'aime la colère parce qu'elle a toujours quelque chose à révéler.
J'aime la colère parce qu'elle a toujours quelque chose à révéler.
Écrire un poème, c'est s'offrir une trêve. Mieux : le rêve de ce qu'on ne sera pas. Les guerriers y abaissent leurs armes. Les pillards s'y découvrent mécènes. Les laides s'inventent ravissantes et les lâches, en quelques vers, tracent de grandes histoires de courage.