Si l'on n'a plus peur de la solitude, on n'est jamais seul.
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J'aime la colère parce qu'elle a toujours quelque chose à révéler.
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On reconnait même l'homme de pouvoir à ce qu'il peut afficher l'exact contraire de ce qu'il ressent. Voilà pourquoi le rôle de souverain n'est pas fait pour les hommes intègres, ce que je suis, ce que j'étais, avant toi.
En réalité, parce qu'ils se ressemblent trop, parce qu'ils se valent, ils deviendront ennemis mortels.
On ne peut pas tenir un royaume les yeux enfiévrés, le coeur ourlé d'amertume.
Il n'existe pas de force plus intransigeante, et plus intègre, que la naissance d'une certitude.
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La joie est stupide. Elle s'offre facilement. C'est l'émotion la plus reconnaissable, donc la moins perfide. Elle fendille les visages avec la stupeur un peu niaise de se découvrir léger. Rien n'est plus angoissant qu'un être joyeux.
Regretter un combat est bien pire que de le perdre.
La joie produit de mauvais combattants. Je lui préfère la colère, c'est une autre histoire. Elle fait bouillir le sang. Elle est la forme même de la vie, sa première vocifération. Elle peut trahir. J'aime la colère parce qu'elle a toujours quelque chose à révéler.
Écrire un poème, c'est s'offrir une trêve. Mieux : le rêve de ce qu'on ne sera pas. Les guerriers y abaissent leurs armes. Les pillards s'y découvrent mécènes. Les laides s'inventent ravissantes et les lâches, en quelques vers, tracent de grandes histoires de courage.
La mort unie les êtres, soude les villages. On l'aime pour cela. Sa menace rapproche les hommes. La mort, vous le voyez, est la pire ennemie de la solitude.