La nature semblait avoir sagement pourvu à ce que les sottises des hommes fussent passagères; et les livres les immortalisent.
Auteur
Charles de Secondat, baron de Montesquieu
La fureur de la plupart des Français, c'est d'avoir de l'esprit; et la fureur de ceux qui veulent avoir de l'esprit, c'est de faire des livres.
La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent.
Il ne faut point faire par les lois, ce que l'on peut faire par les moeurs.
Il en est de la luxure comme de l'avarice: elle augmente sa soif par l'acquisition des trésors.
Rien ne donne plus de force aux lois que la subordination extrême des citoyens aux magistrats.
J'ai un petit cabinet de manuscrits fort précieux et forts chers: quoique je me tue la vie à les lire, j'aime beaucoup mieux m'en servir que des exemplaires imprimés, qui ne sont pas si corrects, et que tout le monde a entre les mains.
Les «Maximes» de M. de la Rochefoucauld sont les proverbes des gens d'esprit.
Tous les gens timides menacent volontiers. C'est qu'ils sentent que les menaces feraient sur eux-mêmes une grande impression.
Ce que c'est d'être modéré dans ses principes! Je passe, en France, pour avoir peu de religion, et en Angleterre pour en avoir trop.
La monnaie est un signe qui représente la valeur de toutes les marchandises.
Les nations, qui sont à l'égard de tout l'univers ce que les particuliers sont dans un Etat, se gouvernent, comme eux, par le droit naturel et par les lois qu'elles se sont faites.
Si nous connaissions bien le prix d'un véritable ami, nous passerions notre vie à le chercher.
Qu'on est heureux quand on tient dans ses bras ce que l'on aime! Comment exprimer ce bonheur, dont l'excès n'est que pour les vrais amants? lorsque l'amour renaît après lui même, lorsque tout promet, que tout demande, que tout obéit.
Je voudrais parler non pas à la mémoire de mes lecteurs, mais à leur bon sens, et l'on a plus tôt fini quand on parle au bon sens qu'à la mémoire.
Le partage des biens, les lois sur ce partage, les successions après la mort de celui qui a eu ce partage: tout cela ne peut avoir été réglé que par la société, et par conséquent par des lois politiques ou civiles.
Les peuples pasteurs ne peuvent se séparer de leurs troupeaux, qui sont leur subsistance; ils ne sauraient non plus se séparer de leurs femmes, qui en ont soin.
Le peuple qui a la souveraine puissance doit faire par lui-même tout ce qu'il peut bien faire; et ce qu'il ne peut pas bien faire, il faut qu'il le fasse par ses ministres.
C'est l'abondance et la rareté relative des monnaies des divers pays qui forment ce qu'on appelle le change.
Il y a bien peu de femmes assez abandonnées pour porter le crime si loin. Elles peuvent bien se relâcher des devoirs extérieurs que la pudeur exige; mais, quand il s'agit de faire les derniers pas, la nature se révolte.
L'équité naturelle demande que le degré de preuve soit proportionné à la grandeur de l'accusation.
Un homme qui écrit bien n'écrit pas comme on écrit, mais comme il écrit: et c'est souvent en parlant mal qu'il parle bien.
L'argent est le prix des marchandises ou denrées. Mais comment se fixera ce prix? c'est-à-dire par quelle portion d'argent chaque chose sera-t-elle représentée?
Il ne faut rien faire que de raisonnable; mais il faut bien se garder de faire toutes les choses qui le sont.
Lorsque dans la république, le peuple en corps a la souveraine puissance, c'est une Démocratie. Lorsque la souveraine puissance est entre les mains d'une partie du peuple, cela s'appelle une Aristocratie.
Œuvres de Charles de Secondat, baron de Montesquieu
CahiersCahiers, III, Art d'écrireCahiers, IV, Maximes, XIXCahiers, Sur l'hommeConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734)Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734), IIConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734), IVConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734), VIIIConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734), XVIIICorrespondanceDe l'esprit des lois (1748)De l'esprit des lois (1748), I, 4De l'esprit des lois (1748), II, 2De l'esprit des lois (1748), IV, 5De l'esprit des lois (1748), PréfaceDe l'esprit des lois (1748), V, 10De l'esprit des lois (1748), VII, 6De l'esprit des lois (1748), XIX, 16De l'esprit des lois (1748), XIX, 7De l'esprit des lois (1748), XV, 5