Il avait froid, une terreur sourde le taraudait. D'où venait-elle? Il ne savait pas exactement. Peut-être de son inaptitude croissante à supporter ce sentiment de plus en plus intense que toutes choses étaient séparées.
Vous pouvez faire ce que vous voulez pourvu que vous le désiriez profondément ; c’est cela qui est rare, le désir ; un désir si grand qu’il rend aveugle à tout le reste.
Peindre, ce n’est pas raconter une histoire. Si tu veux en raconter une, deviens illustrateur ou écrivain. Mais si tu veux être peintre, il faut que tu apprennes à utiliser la ligne, la couleur, la forme et la matière pour faire des tableaux, pas des histoires.
Des millions de gens savent dessiner, mais il n'y a pas d'art sans un cri jaillissant d'une façon particulière.
Il arrive qu'on croit être porteur d'un don exceptionnel quand on est jeune. Mais on ne s'y abandonne pas forcément. On ne sert pas seulement son intérêt personnel mais celui de son peuple. C'est ainsi que nous, juifs, nous vivons.
Tuer un homme, c'est aussi tuer les générations qui auraient pu sortir de lui.
Moi, un juif observant, j'ai peint une crucifixion parce que je ne trouvais pas dans ma propre tradition religieuse de modèle capable d'exprimer une telle angoisse et une telle souffrance.
Pour certains l'art est dangereux. Picasso aimait dire qu'il est subversif.
Si un artiste n’est pas prêt à n’importe quoi pour son art chaque fois que c’est nécessaire, alors il n’est qu’un petit artiste.
Les graines doivent être semées partout. Quelques-unes seulement porteront des fruits. Mais il n’y aurait pas de fruit si toutes les graines n’avaient été semées.
Un artiste, c’est d’abord une personne. Un individu. Sans individu, pas d’artiste.
Un homme doit donner un sens à sa vie. C’est un dur travail de donner un sens à sa vie.
Personne ne connait sa chance avant que la malchance arrive dit mon père calmement. Le monde est ainsi fait.
Le temps d’une vie n’est rien. Mais l’homme qui vit ce temps, il est quelque chose. Il peut remplir de sens ce court espace, si bien que, qualitativement, il est au-delà de toute mesure, quoiqu’il soit insignifiant quantitativement.
Le Talmud dit que chacun doit faire deux choses pour soi même. La première est de se trouver un maître. La seconde est de se choisir un ami.
Le Baal Shem Tov - plus tard, ses adeptes raccourcirent son nom et l’appelèrent le Besht - croyait qu'il n'existait pas de pécheur qui ne puisse être purifié par l'amour et la compréhension. Il pensait aussi - et c'est par là qu'il s'exposait à la fureur des savants rabbins - que l'étude du Talmud n'était pas très importante, qu'il était inutile de fixer des heures précises à la prière, et qu'on pouvait adorer Dieu simplement, dans la sincérité de son coeur, par le moyen de la joie, du chant et des danses.
Un homme naît dans ce monde avec seulement une petite étincelle de bien en lui. Cette étincelle, c’est Dieu, c’est l’âme ; le reste est laideur et mal, une carapace. L’étincelle doit être préservée comme un trésor, il faut la nourrir, il faut en faire une flamme. Il faut qu’elle apprenne à rechercher d’autres étincelles, elle doit devenir maîtresse de la carapace.
Un homme naît dans ce monde avec seulement une petite étincelle de bien en lui. Cette étincelle, c’est Dieu, c’est l’âme ; le reste est laideur et mal, une carapace.
Vivre simplement, seulement pour vivre – quel sens y a-t-il à cela ? Une mouche vit aussi.
Quand quelqu’un peut apprendre quelque chose aux autres, il doit le faire en public. Si l’enseignement n’est pas public il est inutile.
Deux amis vrais sont comme deux corps qui ont une seule âme.
Œuvres de Chaïm Potok