En un mot, l'homme connaît qu'il est misérable: il est donc misérable, puisqu'il l'est, mais il est bien grand, puisqu'il le connaît.
Prophétiser, c'est parler de Dieu, non par preuves du dehors, mais par sentiment intérieur et immédiat.
La puissance des mouches, elles gagnent des batailles, empêchent notre âme d'agir, mangent notre corps.
La curiosité n'est que vanité le plus souvent; on ne veut savoir que pour en parler.
Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà.
Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n'est pas un autre sommeil un peu différent du premier, dont nous nous éveillons quand nous pensons dormir?
Tout notre raisonnement se réduit à céder au sentiment.
L'homme est si malheureux qu'il s'ennuierait même sans aucune cause d'ennui par l'état propre de sa complexion.
Nous ne cherchons jamais les choses, mais la recherche des choses.
On se croit naturellement bien plus capable d'arriver au centre des choses, que d'embrasser leur circonférence.
C'est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaie d'opprimer la vérité. Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu'à la relever davantage.
Il est indigne de Dieu de se joindre à l'homme misérable; mais il n'est pas indigne de Dieu de le tirer de sa misère.
L'Eglise enseigne et Dieu inspire, l'un et l'autre infailliblement.
Quand on est loin de ce que l'on aime, l'on prend la résolution de faire et de dire beaucoup de choses; mais quand on est près, l'on est irrésolu.
Qui voudrait ne suivre que la raison serait fou au jugement du commun des hommes. Il faut juger au jugement de la plus grande partie du monde.
L'homme est né pour le plaisir: il le sent, il n'en faut point d'autre preuve.
L'homme n'est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête.
Quand la parole de Dieu, qui est véritable, est fausse littéralement elle est vraie spirituellement.
La méthode de ne point errer est recherchée de tout le monde. Les logiciens font profession d'y conduire, les géomètres seuls y arrivent.
Comme on rêve souvent qu'on rêve, entassant un songe sur l'autre, il se peut aussi bien faire que cette vie n'est elle-même qu'un songe.
Il n'est pas étrange qu'on se conserve en ployant, et ce n'est pas proprement se maintenir.
Toutes les bonnes maximes sont dans le monde; on ne manque qu'à les aplliquer.
En écrivant ma pensée, elle m'échappe quelquefois; mais cela me fait souvenir de ma faiblesse, que j'oublie à toute heure; ce qui m'instruit autant que ma pensée oubliée, car je ne tends qu'à connaître mon néant.
Nous ne sommes que mensonge, duplicité, contrariété, et nous cachons et nous déguisons à nous-mêmes.
L'essence de la méprise consiste à ne la pas connaître.
Œuvres de Blaise Pascal
Chap. XXV - Faiblesse de l’hommeDe l'Esprit géométrique et de l'Art de persuader (1657)De l'esprit géométriqueDiscours sur la condition des grands, IIDiscours sur les passions de l'amourDiscours sur les passions de l'amour (1652-1653)Entretien avec M. de SacyEntretien avec M. de Sacy.Fragment de préface pour le traité du vide (1647)Les provinciales (1656)Les provinciales (1656), 16Les provinciales (1656), 6Les provinciales (1656), IILes provinciales (1656), IIILes provinciales (1656), IXLes provinciales (1656), VILes provinciales (1656), XLes provinciales (1656), XILes provinciales (1656), XIILes provinciales (1656), XV