Auteur

Blaise Pascal

La coutume fait toute l'équité, par cette seule raison qu'elle est reçue; c'est le fondement mystique de son autorité.
Induire en erreur est mettre l'homme dans la nécessité de conclure et suivre une fausseté.
Les chrétiens font-ils plus d'état des biens de la terre, ou font-ils moins d'état de la vie des hommes que n'en ont fait les idolâtres et les infidèles ?
L'Ecriture dit que le Christ demeure éternellement, et celui-ci dit qu'il mourra.
Ce qui m'étonne le plus est de voir que tout le monde n'est pas étonné de sa faiblesse.
Qui sait même ce que c'est qu'être, qu'il est impossible de définir, puisqu'il n'y a rien de plus général, et qu'il faudrait d'abord pour l'expliquer, se servir de ce mot-là même, en disant: C'est, etc. ?
C'est donc la pensée qui fait l'être de l'homme, et sans quoi on ne peut le concevoir.
Je ne veux que mettre ici en évidence tous les fondements de cette religion chrétienne qui sont indubitables, et qui ne peuvent être mis en doute par quelque personne que ce soit.
Il n'y a point, dit-on, de règle qui n'ait quelque exception, ni de vérité si générale qui n'ait quelque face par où elle manque.
Deux choses instruisent l'homme de toute sa nature: l'instinct et l'expérience.
Ce mot me fut nouveau, et inconnu; je lui en demandais l'explication.
En écrivant ma pensée elle m'échappe quelquefois; mais cela me fait souvenir de ma faiblesse, que j'oublie à toute heure.
On dirige sa vue en haut, mais on s'appuie sur le sable: et la terre fondra, et on tombera en regardant le ciel.
Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n'être pas fou.
Vous n'échapperez pas par ces fuites; vous sentirez la force de la vérité que je vous oppose.
Je ne puis approuver que ceux qui cherchent en gémissant.
La loi par laquelle ce peuple est gouverné est tout ensemble la plus ancienne loi du monde, la plus parfaite, et la seule qui ait toujours été gardée sans interruption dans un Etat.
Cependant le monde est si inquiet, qu'on ne pense presque jamais à la vie présente et à l'instant où l'on vit; mais à celui où l'on vivra. De sorte qu'on est toujours en état de vivre à l'avenir, et jamais de vivre maintenant.
Ainsi, nous ne vivons jamais, nous espérons de vivre; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais.
On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.
L'esprit croit naturellement et la volonté aime naturellement; de sorte que, faute de vrais objets, il faut qu'ils s'attachent aux faux.
La vraie et unique vertu est donc de se haïr, car on est haïssable par sa concupiscence, et de chercher un être véritablement aimable, pour l'aimer.
Dans l'amour on n'ose hasarder parce que l'on craint de tout perdre; il faut pourtant avancer, mais qui peut dire jusques où?
L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant.
A mesure qu'on a plus d'esprit, on trouve qu'il y a plus d'hommes originaux: les gens du commun ne trouvent pas de différence entre les hommes.

Œuvres de Blaise Pascal

Chap. XXV - Faiblesse de l’hommeDe l'Esprit géométrique et de l'Art de persuader (1657)De l'esprit géométriqueDiscours sur la condition des grands, IIDiscours sur les passions de l'amourDiscours sur les passions de l'amour (1652-1653)Entretien avec M. de SacyEntretien avec M. de Sacy.Fragment de préface pour le traité du vide (1647)Les provinciales (1656)Les provinciales (1656), 16Les provinciales (1656), 6Les provinciales (1656), IILes provinciales (1656), IIILes provinciales (1656), IXLes provinciales (1656), VILes provinciales (1656), XLes provinciales (1656), XILes provinciales (1656), XIILes provinciales (1656), XV