Auteur

Bernard Minier

Le passé qui resurgit et qui vient se mêler à l'enquête en cours, c'est le cauchemar de tout flic.
L'humanité se divise en deux catégories : ceux qui renoncent au premier obstacle et les autres.
Les hommes font des promesses, et ils oublient de les tenir.
Le poison de ces lignes agissait lentement mais, au bout d'un moment, il se sentit pris au piège de ces images et des pensées de l'auteur comme s'il était englué dans une toile d'araignée, alors même que l'araignée demeurait invisible.
Ce policier habile. Servaz. Lui est vraiment dangereux… Lui, il faut s'en méfier. Lui, c'est un fourmilion – ce terrible insecte prédateur qui creuse un piège mortel dans le sable, une fosse au fond de laquelle il se cache et où il attend qu'un autre malheureux insecte tombe directement entre ses mâchoires. Une force invincible le pousse, une rage muette – ça se lit sur son visage. Il n'est jamais en repos. Il ne sera pas en repos tant qu'il n'aura pas découvert le fin mot de cette histoire, le fourmilion.
C’est bien connu : nous touche ce qui nous est proche.
Les femmes qui réussissent dans les métiers où les hommes dominent sont la cible de dix fois plus de critiques que ces mêmes hommes.
Aux yeux de Facebook, la loi de Facebook prévalait sur toute loi dans tous les pays où Facebook était présent et même sur les accords internationaux.
On scrute des galaxies lointaines, on dépense des centaines de milliards de dollars dans l'industrie du cinéma, dans le sport, et on n'est pas foutus de guérir une putain de maladie ? Quel est le con qui a dit que la nature était bien faite.
C’était désormais comme ça partout : à force de vouloir se prévenir des critiques et tenir compte de tous les avis, ne froisser aucun groupe ni aucune minorité et éviter tout commentaire négatif, plus personne n’osait bouger le petit doigt dans ce pays.
La vie ne peut-elle pas se résumer à la somme de nos désirs et aux stratégies que nous déployons pour les satisfaites- ou au contraire pour les faire taire ?
Il existait encore en France des personnes sans Internet, qu'on obligeait désormais à déclarer leurs revenus en ligne. Moïra considérait cela comme une atteinte à leur liberté: c'était la marche forcée du progrès - et ceux qui le refusait se voyaient toujours contraints de ployer l'échine.
Dans une société ouverte et démocratique, une minorité agissante est plus intolérante que le reste de la population finit presque toujours par imposer ses idées, ses préférences ou ses diktats à la majorité, souvent grâce aux médias qui lui donnent une visibilité disproportionnée et à l'apathie du reste de la population.
Bon Dieu, vous ne voyez donc pas ce qu’est en train de devenir le monde ? Le monde que nous fabriquons ? Mais ouvre les yeux ! Tu ne vois donc pas ce qu’ils nous préparent avec leurs fermes de calcul, leurs algorithmes et leurs applications ? Un monde où tout un chacun est sous le regard des autres tout le temps, jugé pour le moindre de ses faits et gestes par une armée de petits censeurs, de petits procureurs et de petits dictateurs planqués derrière leurs ordinateurs !
Ce qui s'exprime de plus en plus sur Internet au fil des ans, c'est la jalousie, la colère, l'étroitesse d'esprit, la violence, le chaos et le sectarisme. Autour de quelques îlots de réflexion et de sagesse, un océan de haine et d'intolérance. Cette maudite invention détruit un par un tous les fondements de nos civilisations. Le ciment de nos sociétés.
Le plus grand luxe en ce siècle imbécile et tumultueux était bel et bien le silence.
Dans la culture occidentale, vous parlez tout le temps de liberté. Seulement, pour beaucoup d'entre vous, cette liberté n'est pas la liberté de choisir parmi les multiples possibilités qu'offre l'existence, mais la simple soumission à des passions et des pulsions. Être une personne qui n'agit pas dans le seul but égoïste de satisfaire ses intérêts mais, au contraire, qui est capable de les oublier pour servir la communauté, voilà l'idéal chinois.
Les gens mentent. Par omission, par cynisme, par intérêt ou pour donner ou avoir une meilleure image d’eux-mêmes, ils mentent. A leurs amis, à leurs proches, à leur patron, à leurs collègues, et aussi aux psychologues et aux questionnaires – et bien sûr à eux-mêmes...
Un sur deux se penchait sur son téléphone, occupé à pianoter ou à lire ses messages, à mater des vidéos sur Facebook ou sur YouTube, à se connecter à WeChat et à Weibo. D'aucuns s'en servaient pour prendre des photos de la soirée. C'était donc ça, leur vie ? Rien que ça ? Un téléphone ?
L'enfance, on n'en guérit jamais.

Œuvres de Bernard Minier

Glacé (2011)La Vallée (2020)Le cercle (2012)M, le bord de l'abîme (2019)N'éteins pas la lumière (2014)Soeurs (2018)Une putain d'histoire (2015)