Auteur

Baltasar Gracián y Morales

Ce qui fait le bonheur des uns, fait le malheur des autres.
Se faire regretter. Peu de gens ont ce bonheur.
Les ignorants sont toujours dans l'étonnement.
La réputation s'acquiert à force de travail.
La vie humaine est un combat contre la malice de l'homme même.
La sympathie est l'ABC de l'amour. ... C'est folie de prétendre à la conquête des coeurs sans être muni de sympathie.
Le dire est aisé, le faire difficile.
Si l'homme qui en a compris un autre est en état de le dominer, l'homme aussi que personne ne peut approfondir reste toujours comme dans une région inaccessible à la dépendance.
Il faut aujourd'hui plus de conditions pour faire un sage, qu'il n'en fallut anciennement pour en faire sept; et il faut en ce temps-ci plus d'habileté pour traiter avec un seul homme, qu'il n'en fallait autrefois pour traiter avec tout un peuple.
Quelques-uns voudraient laver ou du moins cacher leurs taches, en faisant remarquer celles des autres. Ils se consolent de leurs défauts sur ce que les autres en ont aussi, ce qui est la consolation des fous.
Les gens rustiques n'ont jamais d'amis, ni dans la prospérité, parce qu'ils ne connaissent personne; ni dans l'adversité, parce que personne ne les connaît alors.
Celui, qui a confié son secret à un autre, s'est fait son esclave.
Il ne faut pas se piquer également d'habileté avec tous, ni employer plus de forces que l'occasion n'en demande. Point de profusion, ni de science ni de puissance.
Garde-toi de t'ériger en censeur de paroles, ce qui te ferait passer pour un grammairien ; ni en contrôleur de raisons, car chacun te fuirait. Parler à propos est plus nécessaire que parler éloquemment.
Il faut avoir la bouche toujours pleine de sucre pour confire les paroles, car alors les ennemis même y prennent goût.
La vie civile ne roule pas sur un seul avis, ni sur un seul usage.
Il n'y a rien de meilleur que de ne se faire jamais trop comprendre.
Quelquefois le remède du mal consiste à l'oublier, et l'on oublie le remède.
Un homme ne peut valoir que ce qu'il plaît aux autres de le faire valoir.
Le sage a toujours cette consolation qu'il est éternel car, si son siècle lui est ingrat, les siècles suivants lui font justice.
Le sage tire plus de profit de ses ennemis que le fou n'en tire de ses amis.

Œuvres de Baltasar Gracián y Morales

El criticón, III, 6El discretoEl héroe, primor 19L'Art de la prudence (1994)L'Homme de coeur (1684)L'Homme de cour (1647)L'Homme de cour (1647), CLXIIIL'Homme de cour (1647), CXVIL'Homme de cour (1647), LVL'Homme de cour (1647), VIIIL'Honnête HommeLe Héros (1637)Le Héros (1973)Maximes de l'homme de cour (1647)Maximes de l'homme de cour (1647), CCLXVIIIMaximes de l'homme de cour (1647), LXXXMaximes de l'homme de cour (1647), XXXIMaximes, Maxime, CLI, Penser d'avance; aujourd'hui pour demain et même pour plusieurs joursMaximes, Maxime, CLXXIV, Ne se point hâter de vivreMaximes, Maxime, CLXXXI, Il est d'une prudence nécessaire au mérite d'avoir un peu de hardiesse