Auteur

Aurélie Valognes

Vieillir, c'est voir mourir les autres.
On dit qu'on devient adulte quand on prend conscience qu'on doit mourir un jour.
En somme, Ferdinand est économe, surtout en sentiment. Mais la seule pour qui il n'a jamais compté, la seule qu'il aime, la seule qui ne l'a jamais abandonné, c'est Daisy. Sa chienne. La plus belle, la plus douce, la plus fidèle. Avec elle, tout est plus simple. Pas de fourberie. Pas de contrainte. Pas de chantage affectif. Pas besoin de distiller au compte-gouttes de gentilles attentions ou encore des mots doux.
On dit qu'on adulte quand on prend conscience qu'on doit mourir un jour. Pour moi, ça a été à six ans, à l'âge où l'on apprend à lire et à compter les personnes qui manquent.
Si la jeunesse est un état d'esprit, une curiosité sur le monde qui change, une envie constante d'apprendre, Ferdinand est sûrement plus âgé qu'une tortue de mer. Béatrice lui a parlé de trucs de l'Internet, dont il n'a rien compris. De toute façon à quoi ça sert d'essayer. À son âge, apprendre, ce n'est plus rentable !
La vie lui semble si douce tout d'un coup, de ces moments où l'on se dit que l'on ferait bien une pause ici, que l'on arrêterait le marque-page de sa vie à cet instant précis.
Ce qui est extraordinaire chez les gens, c'est leur capacité à prendre un sourire pour une invitation à discuter.
Il est un peu comme sur un voltage différent, avec une logique bien à lui, qui chamboule l'ordre de ses priorités, le laissant complètement incompris par le commun des mortels.
Qu'est-ce qui est le plus important ? La décision qu'on a prise ou la raison de notre décision ?
M. Brun déteste plus que tout les nourrissons. Pour lui, ce ne sont que des contraintes avec, en prime, l'ingratitude la plus totale. Ça ne comprend rien, ça pleure, ça a toujours besoin de quelque chose : on ne peut jamais être tranquille. Et quand ça sourit, ça sourit autant à ses parents qu'aux inconnus. Ingrats, va ! En plus, il faudrait les trouver beaux, surdoués... Mais un être humain qui bave, qui n'est pas capable d'aligner trois mots et qui marche comme un parkinsonien ...
On ne choisit pas sa famille, mais on ne choisit pas non plus sa belle-famille. Juste son amoureux...
Mais ce qu'il y a de beau en amour, c'est qu'il y a autant de couples que de façons de s'aimer.
Ça, je pense que c'est un problème féminin. Je parle du fait de ne jamais dire explicitement ce que vous voulez. Elle attend de moi des choses qu'elle ne demande jamais. Et bien sûr, elle fait la tête quand c'est trop tard, que j'ai loupé le coche. Et ça fait plus de quarante ans que ça dure.
L'amour, c'est censé marcher tout seul quand on a trouvé la bonne personne...
Je ne saurais dire ce qui me manque , mais je me rends compte que maintenant que l'important ce n'est pas d'avoir les bonnes réponses mais de se poser les bonnes questions.
Quand on se met en couple, chacun vient avec un sac à dos plein de pierres. Les pierres représentent notre passé et conditionnent qui nous sommes aujourd'hui. Pour certains, le sac à dos est plus lourd à porter que pour d'autres.
Phase un : la séduction de la belle-famille, systématiquement accompagnée de remises en question personnelles très fortes. Un peu comme un chiot au chenil qui veut être choisi et fait la moue la plus attendrissante possible.
J'aime la vie avec toi. J'aime nos fous rires, nos regards qui se croisent au restaurant, nos disputes aussi. Je me sens vivant, je sens qu'avec toi je m'améliore, je deviens celui que j'aimerai être. Moins sanguin, plus posé. Mais j'ai peur. J'ai peur de ne pas être à la hauteur. Tout semble si évident avec toi, si facile
Phase un : la séduction de la belle-famille, systématiquement accompagnée de remises en question personnelles très fortes. Un peu comme un chiot au chenil qui veut être choisi et fait la moue la plus attendrissante possible. Mais intérieurement, il tremble. Il vient avec son passé, sa gueule cassée et il est plein d'espérances quant à sa nouvelle famille d'accueil. Mais il n'a qu'une peur : décevoir et être abandonné à nouveau. Phase deux : l'intégration, pure et simple, des règles de la famille. On fait des efforts pour rentrer dans le moule, on prend sur soi, on marche au pas. Phase trois : ma préférée, la rébellion ! Ça passe ou ça casse, mais au moins on est fixé. Notre vraie nature ressurgit enfin. On ne peut plus faire semblant.
On est un jeune couple, il n'y a pas de morceaux à essayer de recoller. Alors, le mieux, c'est de s'arrêter là, avant que l'on se fasse du mal.
Parfois, à ne pas savoir, on s'imagine bien pire que la réalité.
Elle savait qu'elle aurait mieux fait de s'économiser en sentiments, de ne pas s'investir, de garder ses distances. Mais comment résister face à ce petit corps chaud contre son coeur ou à son odeur de lait ? Est-ce vivre de se retenir de donner, de s'émouvoir, de rire.
Le monde est peut être moins laid au petit matin
Il y a quelques jours, mon grand Jules de quatre ans et demi, m'a montré son nombril et m'a demandé si moi j'en avais un. Il était intrigué sur son utilité. Je m'apprêtais à lui répondre de manière très terre à terre quand il m'a semblé plus beau de simplement lui dire : pour que tu gardes une trace de ta maman, toujours avec toi, même quand elle n'est pas là.
À force de s'occuper des autres, on finit par s'oublier soi-même.

Œuvres de Aurélie Valognes

Au petit bonheur la chanceEn voiture, Simone !La cerise sur le gâteauMinute, papillon !Mémé dans les orties