J'allais vers eux avec mon petit bagage, les conversations des filles, des romans, des conseils de l'écho de la mode, des chansons, quelques poèmes de Musset et une overdose de rêves, Bovary ma grande soeur.
Ecrire, c'est d'abord ne pas être vu.
Qu'est-ce qu'aimer un homme? Qu'il soit là, et faire l'amour, rêver, et il revient, il fait l'amour. Tout n'est qu'attente.
Dans la passion, c'est le rêve qui compte.
Il n'y a pas que le bonheur qui rend heureux.
Rien à faire pour encaisser le mot masse; on s'est toujours bouffé le nez dans ma famille, dans le quartier; ça ne fait pas très masse, à mon idée.
Une réprobation absolue frappait les divorcés, les communistes, les concubins, les filles mères, les femmes qui boivent, qui ont été tondues à la Libération, qui ne tiennent pas leur maison, etc.
Tu n'as d'existence qu'au travers de ton empreinte sur la mienne. T'écrire, ce n'est rien d'autre que faire le tour de ton absence. Décrire l'héritage d'absence. Tu es une forme vide impossible à remplir d'écriture.
Depuis peu, je sais que le roman est impossible. Pour rendre compte d'une vie soumise à la nécessité, je n'ai pas le droit de prendre d'abord le parti de l'art, ni de chercher à faire quelque chose de passionnant, ou d'émouvant.
La réélection de Mitterand nous rendait la tranquillité. Il valait mieux vivre sans rien attendre sous la gauche que s'énerver continuellement sous la droite.
Les enfants vivent mieux qu'on pense avec les secrets, avec ce qu'ils croient qu'il ne faut pas dire.
D'avoir vécu une chose, quelle qu'elle soit, donne le droit imprescriptible de l'écrire.
Il y a ceci dans la honte: l'impression que tout maintenant peut vous arriver, qu'il n'y aura jamais d'arrêt, qu'à la honte il faut plus de honte encore.
1968 était la première année du monde.
On sentait bien qu'avec la pilule la vie serait boulversée, tellement libre de son corps que c'en était effrayant. Aussi libre qu'un homme.
Il valait mieux vivre sans rien attendre sous la gauche que s'énerver continuellement sous la droite.
Etre comme tout le monde était la visée générale, l'idéal à atteindre. L'originalité passait pour de l'excentricité, voire le signe qu'on en a un grain.
J'ai mis beaucoup de temps parce qu'il ne m'était pas aussi facile des ramener au jour des faits oubliés que d'inventer. La mémoire résiste.
Etre comme trout le monde était la visée générale, l'idéal à atteindre. l'originalité passait pour de l'excentricité, voire le signe qu'on a un grain.
Coiffeurs et coiffeuses appartiennent à un monde en couleurs, théâtral, tous vêtus à la pointe de la mode, excentriques hors du salon.
Sans doute, la plus grande souffrance, comme le plus grand bonheur, vient de l'Autre.
Je voulais forcer le présent à redevenir du passé ouvert sur le bonheur.
Brusquement il a dit : C'est de Camus ça, aimer un être c'est accepter de vieillir avec lui. Une phrase juste. Tu ne trouves pas ?
Tout le passé est nécessaire pour aimer le présent.
Ce que j'espère écrire de plus juste se situe sans doute à la jointure du familial et du social, du mythe et de l'histoire.
Œuvres de Annie Ernaux
Bouillon de culture, le 2 Février 2001.Ce qu'ils disent ou rien (1977)Ecrire la vie (2011)Journal du dehors (1993)L' Autre fille (2011)L'Atelier noir (2011)L'Autre fille (2011)L'Evénement (2000)L'Occupation (2002)La Honte (1997)La Place (1983)La femme gelée (1981)Les Années (2008)Mémoire de fillePassion simple (1991)Regarde les lumières mon amour (2014)Se perdreUne femme (1988)« Je ne suis pas sortie de ma nuit » (1997)