Auteur

Anne Barratin

La vanité est de petite taille, mais elle a des talons qui font du bruit.
Ne prends rien à pleines mains, au nom de la modestie.
Il faut tenter l'impossible pour savoir où le possible finit.
Qui dit prétention, dit disproportion.
Voir le piège n'empêche pas d'y tomber.
Les paresseux ne sont pas haineux, la paresse leur suffit.
Qui accepte le plus doit accepter le moins.
On en veut à la beauté sotte, comme à une déception.
L'inspiration vient quelquefois à des heures bien gênantes, tel l'enfant qui veut le sein en wagon.
Je m'éloigne des gens encombrés d'amis. Que faire autour d'eux sinon, comme dans les incendies, la chaîne?
On demande à l'argent le bonheur, la joie, l'esprit, le plaisir; le meilleur acteur cependant ne peut pas jouer tous les rôles.
En cherchant à raccommoder une bêtise, tu allonges sa queue.
Les compliments ne font que confirmer ce que nous pensons de nous-mêmes.
Il est difficile de ne pas trop décolleter son esprit, quand il est joli.
On recherche les personnes gaies plus qu'on ne les estime.
L'intrigant a du jarret dans l'esprit.
Le mensonge ne tient debout qu'en s'appuyant sur un autre.
On peut auprès de certaines gens faire une cure de monotonie: ce n'est pas à dédaigner.
On sent souvent dans la patience gigoter l'impatience, comme l'enfant dans ses langes.
On cherche la paix comme on cherche, souvent, son chemin. En lui tournant le dos.
Il y a des gens qui n'ont jamais besoin de permissions, ils se les accordent.
Le piano a beaucoup augmenté la valeur du silence.
Heureux les poètes car ils peuvent déraisonner impunément.
Il est des gens dont la présence est nécessaire pour qu'on se souvienne d'eux.
S'il n'y avait eu que des gens gais sur terre, la psychologie serait morte de faim et de soif.

Œuvres de Anne Barratin

Ce que je penseChemin faisant (1894)De Vous à Moi (1892)De toutes les Paroisses (1913)Oeuvres posthumesOeuvres posthumes, PenséesOeuvres postumesOeuvres postumes, Pensées