Une coquette définissait la vieillesse: des printemps accumulés.
Que de joies seraient à peu près insignifiantes sans le malin plaisir de faire enrager un envieux.
On commence à partager quand on aime, pour offrir ensuite sa part avec amour.
La pudeur s'atténue avec l'âge, comme la timidité, mais où elle a régné, elle laisse la délicatesse.
Si l'on y pénétrait, certains coeurs ressembleraient à un champ de bataille après l'action.
La parure enlaidit souvent, comme l'excuse aggrave.
Le blanc n'embellit pas l'innocence, l'innocence embellit le blanc.
Toutes les vérités s'entraident: la petite s'appuie sur la grande, la grande protège la petite.
On peut détester sans haine, comme on peut aimer sans tendresse.
Faire ce qu'on veut, ce n'est agréable que si quelqu'un veut vous en empêcher.
C'est savoir aimer que de savoir dire la vérité.
On ne se connaît vraiment pas, avant d'avoir fait un bridge ensemble.
Trop de respect en amour, c'est de l'amour frigorifique.
Crois avec amour, aime avec délice, accepte avec pudeur.
On n'a souvent pas de raison pour aimer; ayons-en pour croire!
Avoir de l'ordre et l'apprendre aux hommes, c'est les aimer.
Avec un certain idéal, on est poète; avec trop d'idéal, on est fou.
L'amitié n'est pas un soleil, c'est une jolie lune qui éclaire surtout le soir de la vie.
L'homme qui aime a le coeur plein d'étincelles, celui qui espère a le coeur plein de parfums.
On ne juge ni dans l'amour ni dans la haine.
L'amour sait mieux offrir, l'amitié mieux donner.
L'amour ne jure que pour mentir.
Ne jongle pas avec le bonheur, il se brise.
L'amitié utilitaire ressemble à l'amour vénal.
Un premier livre est l'enfant de notre coeur, un second est l'enfant de notre esprit, un troisième est l'enfant de notre science.
Œuvres de Anne Barratin