Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte.
Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.
Les moralistes n'y peuvent rien. Il y a une loi de déshumanisation progressive en vertu de quoi désormais, à l'ordre du jour de la bourgeoisie, il n'y a, il ne peut y avoir maintenance que la violence, la corruption et la barbarie.
N'y eût-il dans le désert qu'une seule goutte d'eau qui rêve tout bas, dans le désert n'y eût-il qu'une graine volante qui rêve tout haut.
Il y a chez nous un proverbe: «L'Etat est un oeuf. Trop serré, il se casse; pas assez, il tombe et se brise.»
Pour nous, le choix est fait. Nous sommes de ceux qui refusent d'oublier. Nous sommes de ceux qui refusent l'amnésie même comme méthode. Il ne s'agit ni d'intégrisme, ni de fondamentalisme, encore moins de puéril nombrilisme.
Non, jamais dans la balance de la connaissance, le poids de tous les musées du monde ne pèsera autant qu'une étincelle de sympathie humaine.
C'est ça, la culture : c'est tout ce que l'homme a inventé pour rendre le monde vivable et la mort affrontable.
On a la foi ou on ne l'a pas, mais moi, je refuse de désespérer de l'Afrique. Ce serait refuser d'espérer, tout simplement. C'est enraciné, fondamental.
Je refuse de désespérer parce que désespérer, c'est refuser la vie. Il faut garder la foi.
J'ai toujours un espoir parce que je crois en l'homme. C'est peut-être stupide. La voie de l'homme est d'accomplir l'humanité, de prendre conscience de soi-même.
Je définis la culture ainsi : c'est tout ce que les hommes ont imaginé pour façonner le monde, pour s'accommoder du monde et pour le rendre digne de l'homme.
L'Afrique est comme un homme qui, dans le demi-jour se lève, et se découvre assailli des quatre points de l'horizon !
Il est certain que tu es un prophète Patrice. Celui qui marche devant et profère. C'est là ta force et ta faiblesse.
Un nègre comique et laid et des femmes derrière moi ricanaient en le regardant. Il était comique et laid, comique et laid pour sûr. J'arborai un grand sourire complice... Ma lâcheté retrouvée !
Il n'est pas question de livrer le monde aux assassins d'aube.
Il y a dans le regard du désordre cette hirondelle de menthe et de genêt qui fond pour toujours renaître dans le raz-de-marée de ta lumière.
Je me souviens encore de mon ahurissement lorsque, pour la première fois au Québec, j'ai vu à une vitrine de librairie un livre dont le titre était Nous autres nègres blancs d'Amérique.
En politique, quand j'entends un de ces grands mots techniques, je me braque, et je cherche toujours quelle infamie ça cache.
Puisque tu manies si bien l'invective, tu pourrais au moins me bénir de t'avoir appris à parler.
La Négritude résulte d'une attitude active et offensive de l'esprit. Elle est sursaut, et sursaut de dignité.
Œuvres de Aimé Césaire
Cadastre, BatouqueCadastre, Ode à la GuinéeCahier d'un retour au pays natal (1939)Conférence des peuples noirs de la diaspora, à Miami, 26 février 1987.Discours sur la négritude (1987)Discours sur le Colonialisme (1950)Entretien dans Présence africaine.Ferrements (1960), Blanc à remplir sur la carte voyageuse du pollenInterview par Patrice Louis, Magazine Lire, 1 juin 2004Interview.Moi, laminaire... (1982)Nouvelle bontéSur la poésieUne saison au Congo (1966)Une saison au Congo (1966), III, 2Une tempête (1969)