Auteur

abbé Jacques Delille

D'où vient des nuits d'été la lenteur paresseuse ...
L'été remplit sa grange, affaisse ses greniers; - L'automne d'un doux poids fait gémir ses paniers; - Et les derniers soleils, sur les côtes vineuses, - Achèvent de mûrir les grappes paresseuses.
Laissez-le s'estimer pour qu'il soit estimable.
Le melon savoureux, la figue succulente, - Et ces raisins ambrés qui parfument les airs.
Le pré qui donne aux boeufs sa riante verdure, - D'une grasse litière attend la fange impure, - Et des sels du fumier se forment en secret - Le parfum de la rose et le teint de l'oeillet.
Le sort fait les parents, le choix fait les amis.
O Nice! Heureux séjour, montagnes renommées, - De lavande, de thym, de citrons parfumées, - Que de fois sous tes plants d'oliviers toujours verts - Dont la pâleur s'unit au sombre azur des mers ...
Vivre pour mes amis, mes livres et moi-même.
Le calembour, enfant gâté - Du mauvais goût et de l'oisiveté, - Qui va guettant, dans ses discours baroques, - De nos jargons nouveaux les termes équivoques, - En se jouant des phrases et des mots, - D'un terme obscur fait tout l'esprit des sots.
Vide de vous et rempli de lui-même.
Et le présent lui-même est le passé pour lui.
Ce que Dieu seul a fait, Newton seul l'imagine.
Le bonheur le plus doux est celui qu'on partage.
Le puissant agaric, qui du sang épanché - Arrête les ruisseaux, et dont le sein fidèle - Du caillou pétillant recueille l'étincelle ...
Il parle, il adoucit la superbe Carthage - De sa puissante reine apprivoise l'orgueil.
Les besoins répétés amènent l'habitude.
Ne croit pas à l'amour, soupçonne l'amitié; - Ses secrets de son coeur ne sortent qu'à moitié. - Aussi chacun l'évite, et chacun l'abandonne: - On aime peu celui qui n'ose aimer personne.
Heureux ou malheureux, l'homme a besoin d'autrui; il ne vit qu'à moitié s'il ne vit que pour lui.
Fleurs charmantes, par vous la nature est plus belle; - Dans ses brillants travaux l'art vous prend pour modèle; - Simples tributs du coeur, vos dons sont chaque jour - Offerts par l'amitié, hasardés par l'amour.
Mais quand l'homme accablé, qu'un long ennui désole, - Ne voit ni les humains, ni rien qui le console, - Sa double solitude épouvante son coeur.
Promettre, c'est donner; espérer, c'est jouir.
Hâte-toi, couple aimable, hâte-toi de jouir; - Plaisir, honneur, repos, tout va s'évanouir; - Oui, bientôt tes douleurs égaleront ta joie: - Tremble! le malheur vient, et demande sa proie.
Ils mettent de l'eau dans leur sang.
Il est une liqueur, au poète plus chère, - Qui manquait à Virgile, et qu'adorait Voltaire; - C'est toi, divin café, dont l'aimable liqueur - Sans altérer la tête épanouit le coeur.
Le doux printemps revient, et ranime à la fois - Les oiseaux, les zéphirs, et les fleurs, et ma voix.

Œuvres de abbé Jacques Delille

A propos du 9 Thermidor.Conversations, IConversations, IIIDithyrambe sur l'immortalité de l'âme (1812)L'Homme des champsL'Homme des champs (1800)L'imagination (1806)L'imagination (1806), Chant IL'imagination (1806), Chant IVL'imagination (1806), Chant VILa Conversation (1812)La Conversation (1812), Chant ILe CaféLe doux printemps revientLe paradis perdu de Milton (1805)Les JardinsLes Jardins (1782)Les jardins ou l'art d'embellir les paysages (1782), Chant IVMalheur et pitiéPoème des Trois Règnes