La chambre n'apprit pas grand-chose à Maigret. C'était la chambre type de ce genre d'hôtels, avec son lit de fer, sa vieille commode, son fauteuil à moitié défoncé et sa toilette à eau courante chaude et froide.
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Aujourd'hui, on fait campagne pour libérer les animaux de leurs cages, mais nous enfermons des hommes dans des cages à barreaux pas plus grandes que celles des lions. Qu'on puisse faire cela à des êtres humains, ça me rend malade. Tenter d'enrayer ce qu'on appelle le crime — je crois qu'il a toujours existé et qu'il existera toujours — d'accord ; mais en changeant la société et non pas en brimant la jeunesse qui suit sans le savoir la voie que la société lui impose.
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À lire aussi de Georges Simenon
Nous avons fini par nous identifier l'un à l'autre au point que lorsque l'un de nous ouvre la bouche, il la referme aussitôt, sentant bien que l'autre allait prononcer les mots qu'il avait aux lèvres.
Il n'y a pas deux personnes qui lisent le même roman de la même façon. Les résonances de chaque mot sont différentes selon les lecteurs. Alors, mieux vaut employer le moins de mots possible et surtout le moins possible de mots abstraits.
Combien de fois, après la parution d'un livre de Simenon, mes collègues ne m'ont-ils pas, l'air goguenard, regardé entrer dans mon bureau.
Je n'y pensais jamais, non seulement parce que je refusais d'y penser, mais parce que cela ne me venait pas à l'esprit : notre vie à deux n'avait pas de futur.
Dans la même œuvre
On demandait à Balzac : « Qu'est-ce qu'un personnage de roman ? » Il a répondu : « C'est n'importe qui dans la rue, mais qui va jusqu'au bout de lui-même. Tous tant que nous sommes, nous n'allons jamais au bout de nous-mêmes. Nous avons peur de la prison ou de choquer nos semblables ; soit par sensiblerie, par bonne éducation, comme on dit, pour quantités d'autres raisons. »
Le roman consiste à créer un groupe social quelconque, cinq ou six personnes, peu importe, autour d'un personnage central, et il ne reste plus à l'auteur que se mettre dans la peau de ce personnage central.
J'ai toujours eu envie d'écrire des romans. Je ne suis d'ailleurs pas le seul de cette espèce. Mais pour moi, c'était presque une recherche de moi-même. Ce que j'appelle la recherche de l'homme, c'est la recherche de moi-même puisque je ne suis qu'un homme comme les autres. En écrivant des romans, j'avais l'impression de me rapprocher de l'homme, d'entrer dans la peau des personnages.
Il y a des romans écrits par le subconscient, littéralement. On se met dans la peau d'un personnage, on ne sait pas du tout où il va nous mener. On le suit au jour le jour et ce n'est qu'au dernier chapitre qu'on sait ce qu'il lui arrive. Il doit aller jusqu'au bout de lui-même.
Créer des personnages, les porter à bras tendus, exige de se mettre dans la peau des autres. Le jour où j'ai compris que c'était devenu trop fatigant pour moi de me mettre encore dans la peau des autres, de créer encore des personnages, j'ai décidé d'arrêter. J'avais soixante-dix ans, c'était donc il y a un peu plus de deux ans. Et comme je voulais quand même faire quelque chose, je me suis mis à être mon propre personnage. Au lieu de chercher tout sur l'homme en étudiant les autres, essayer de le faire en m'étudiant moi-même.