Je n'y pensais jamais, non seulement parce que je refusais d'y penser, mais parce que cela ne me venait pas à l'esprit : notre vie à deux n'avait pas de futur.

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Dès mes quinze ou seize ans, j'ai été curieux de l'homme, et de la différence entre l'homme habillé et l'homme nu. L'homme tel qu'il est lui-même, et l'homme tel qu'il se montre en public, et même tel qu'il se regarde dans la glace. Tous mes romans, toute ma vie n'ont été qu'une recherche de l'homme nu.
Créer des personnages, les porter à bras tendus, exige de se mettre dans la peau des autres. Le jour où j'ai compris que c'était devenu trop fatigant pour moi de me mettre encore dans la peau des autres, de créer encore des personnages, j'ai décidé d'arrêter. J'avais soixante-dix ans, c'était donc il y a un peu plus de deux ans. Et comme je voulais quand même faire quelque chose, je me suis mis à être mon propre personnage. Au lieu de chercher tout sur l'homme en étudiant les autres, essayer de le faire en m'étudiant moi-même.
- Elle est du midi? - - Vous pourriez dire midi et demi! - - Marseille? - - Toulouse!... Avé l'assent!... A côté de son accent à elle, celui du type qui fait les annonces à Radio-Toulouse est de la petite bière...
J'ai horreur de tout ce qui est militaire, j'ai horreur des uniformes. J'ai fait mon service militaire parce qu'il le fallait bien, mais aucun de mes enfants n'a fait le sien.
- De la bière? - - Nous n'avons que de la bière anglaise... Stout, pale-ale, scotch-ale?... - Et l'autre hausse les épaules pour signifier que cela lui est parfaitement égal.
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