Je dirais même que nous passons beaucoup plus de temps en paperasseries administratives qu'en enquêtes proprement dites.
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Il n'y a pas deux personnes qui lisent le même roman de la même façon. Les résonances de chaque mot sont différentes selon les lecteurs. Alors, mieux vaut employer le moins de mots possible et surtout le moins possible de mots abstraits.
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À lire aussi de Georges Simenon
Je ne suis pas coquet. Je me soucie assez peu de l'élégance. Mais peut-être à cause de cela, j'ai horreur de me singulariser.
Les Basses-Pyrénées connaissent les femmes douanières et, leur faisant pendant, les femmes contrebandières.
Une sorte de boutade vient de me passer par la tête. Vous m'avez demandé pourquoi j'ai écrit. Après vous avoir parlé de l'intelligence, de la conscience et du subconscient, j'ai presque envie de vous répondre que j'ai peut-être écrit parce que depuis ma tendre enfance je suis somnambule. Enfant, j'avais des barreaux à la fenêtre de ma chambre parce que, certaines nuits, on m'a retrouvé en chemise au coin de la rue. Il m'arrivait de redescendre la nuit pour refaire le devoir que j'avais déjà fait dans la soirée. Je suis toujours somnambule aujourd'hui. Je ne veux pas dormir tout seul. Je ne peux pas dormir sans être gardé.
Je lui ai posé des questions aussi innocentes que possible, dans l'espoir de la mettre en confiance. Elle s'est contentée de déclarer d'un ton narquois : Ce n 'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces, jeune homme. Si votre patron s'est figuré que j'allais faire des confidences...
Dans la même œuvre
On demandait à Balzac : « Qu'est-ce qu'un personnage de roman ? » Il a répondu : « C'est n'importe qui dans la rue, mais qui va jusqu'au bout de lui-même. Tous tant que nous sommes, nous n'allons jamais au bout de nous-mêmes. Nous avons peur de la prison ou de choquer nos semblables ; soit par sensiblerie, par bonne éducation, comme on dit, pour quantités d'autres raisons. »
Le roman consiste à créer un groupe social quelconque, cinq ou six personnes, peu importe, autour d'un personnage central, et il ne reste plus à l'auteur que se mettre dans la peau de ce personnage central.
J'ai toujours eu envie d'écrire des romans. Je ne suis d'ailleurs pas le seul de cette espèce. Mais pour moi, c'était presque une recherche de moi-même. Ce que j'appelle la recherche de l'homme, c'est la recherche de moi-même puisque je ne suis qu'un homme comme les autres. En écrivant des romans, j'avais l'impression de me rapprocher de l'homme, d'entrer dans la peau des personnages.
Il y a des romans écrits par le subconscient, littéralement. On se met dans la peau d'un personnage, on ne sait pas du tout où il va nous mener. On le suit au jour le jour et ce n'est qu'au dernier chapitre qu'on sait ce qu'il lui arrive. Il doit aller jusqu'au bout de lui-même.
Créer des personnages, les porter à bras tendus, exige de se mettre dans la peau des autres. Le jour où j'ai compris que c'était devenu trop fatigant pour moi de me mettre encore dans la peau des autres, de créer encore des personnages, j'ai décidé d'arrêter. J'avais soixante-dix ans, c'était donc il y a un peu plus de deux ans. Et comme je voulais quand même faire quelque chose, je me suis mis à être mon propre personnage. Au lieu de chercher tout sur l'homme en étudiant les autres, essayer de le faire en m'étudiant moi-même.