J'ai toujours eu envie d'écrire des romans. Je ne suis d'ailleurs pas le seul de cette espèce. Mais pour moi, c'était presque une recherche de moi-même. Ce que j'appelle la recherche de l'homme, c'est la recherche de moi-même puisque je ne suis qu'un homme comme les autres. En écrivant des romans, j'avais l'impression de me rapprocher de l'homme, d'entrer dans la peau des personnages.

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Si j'étais né dans une H.L.M. des environs de Paris, je serais certainement devenu non pas l'anarchiste « cérébral » que je suis, mais un anarchiste lanceur de bombes et peut-être un tueur.
Les Basses-Pyrénées connaissent les femmes douanières et, leur faisant pendant, les femmes contrebandières.
C'était un sanguin, qui devait avoir de gros appétits sexuels.
Il y a des romans écrits par le subconscient, littéralement. On se met dans la peau d'un personnage, on ne sait pas du tout où il va nous mener. On le suit au jour le jour et ce n'est qu'au dernier chapitre qu'on sait ce qu'il lui arrive. Il doit aller jusqu'au bout de lui-même.
C'est tout juste si elle ne fait pas ses robes elle-même, par économie. Elle est avare comme un pou.
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Dans la même œuvre

On demandait à Balzac : « Qu'est-ce qu'un personnage de roman ? » Il a répondu : « C'est n'importe qui dans la rue, mais qui va jusqu'au bout de lui-même. Tous tant que nous sommes, nous n'allons jamais au bout de nous-mêmes. Nous avons peur de la prison ou de choquer nos semblables ; soit par sensiblerie, par bonne éducation, comme on dit, pour quantités d'autres raisons. »
Le roman consiste à créer un groupe social quelconque, cinq ou six personnes, peu importe, autour d'un personnage central, et il ne reste plus à l'auteur que se mettre dans la peau de ce personnage central.
Il y a des romans écrits par le subconscient, littéralement. On se met dans la peau d'un personnage, on ne sait pas du tout où il va nous mener. On le suit au jour le jour et ce n'est qu'au dernier chapitre qu'on sait ce qu'il lui arrive. Il doit aller jusqu'au bout de lui-même.
Créer des personnages, les porter à bras tendus, exige de se mettre dans la peau des autres. Le jour où j'ai compris que c'était devenu trop fatigant pour moi de me mettre encore dans la peau des autres, de créer encore des personnages, j'ai décidé d'arrêter. J'avais soixante-dix ans, c'était donc il y a un peu plus de deux ans. Et comme je voulais quand même faire quelque chose, je me suis mis à être mon propre personnage. Au lieu de chercher tout sur l'homme en étudiant les autres, essayer de le faire en m'étudiant moi-même.
La vie de chaque homme est un roman — pas nécessairement un roman pour telle série, blême ou noire. Un grand critique a écrit : chacun porte un roman en lui. Seulement, il n'en porte pas forcément d'autre. Il n'y a qu'un romancier qui en porte d'autres. Mais chacun est capable en effet de décrire sa jeunesse, sa rencontre avec sa femme, leur premier mois de cohabitation et d'en faire un vrai roman. Après, quand il ne s'agit plus de lui-même, mais d'autres personnages, ça devient différent.