Je lui ai posé des questions aussi innocentes que possible, dans l'espoir de la mettre en confiance. Elle s'est contentée de déclarer d'un ton narquois : Ce n 'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces, jeune homme. Si votre patron s'est figuré que j'allais faire des confidences...
❧
Si j'étais né dans une H.L.M. des environs de Paris, je serais certainement devenu non pas l'anarchiste « cérébral » que je suis, mais un anarchiste lanceur de bombes et peut-être un tueur.
◆
À lire aussi de Georges Simenon
Il n'y a pas deux personnes qui lisent le même roman de la même façon. Les résonances de chaque mot sont différentes selon les lecteurs. Alors, mieux vaut employer le moins de mots possible et surtout le moins possible de mots abstraits.
La chambre n'apprit pas grand-chose à Maigret. C'était la chambre type de ce genre d'hôtels, avec son lit de fer, sa vieille commode, son fauteuil à moitié défoncé et sa toilette à eau courante chaude et froide.
Cécile attend famille, mais cela ne se remarque pas.
Il était plus de huit heures du matin, et il faisait grand jour depuis longtemps; mais ici, à cause du crachin et de la fraîcheur humide, on avait l'impression de l'aube.
Dans la même œuvre
On demandait à Balzac : « Qu'est-ce qu'un personnage de roman ? » Il a répondu : « C'est n'importe qui dans la rue, mais qui va jusqu'au bout de lui-même. Tous tant que nous sommes, nous n'allons jamais au bout de nous-mêmes. Nous avons peur de la prison ou de choquer nos semblables ; soit par sensiblerie, par bonne éducation, comme on dit, pour quantités d'autres raisons. »
Le roman consiste à créer un groupe social quelconque, cinq ou six personnes, peu importe, autour d'un personnage central, et il ne reste plus à l'auteur que se mettre dans la peau de ce personnage central.
J'ai toujours eu envie d'écrire des romans. Je ne suis d'ailleurs pas le seul de cette espèce. Mais pour moi, c'était presque une recherche de moi-même. Ce que j'appelle la recherche de l'homme, c'est la recherche de moi-même puisque je ne suis qu'un homme comme les autres. En écrivant des romans, j'avais l'impression de me rapprocher de l'homme, d'entrer dans la peau des personnages.
Il y a des romans écrits par le subconscient, littéralement. On se met dans la peau d'un personnage, on ne sait pas du tout où il va nous mener. On le suit au jour le jour et ce n'est qu'au dernier chapitre qu'on sait ce qu'il lui arrive. Il doit aller jusqu'au bout de lui-même.
Créer des personnages, les porter à bras tendus, exige de se mettre dans la peau des autres. Le jour où j'ai compris que c'était devenu trop fatigant pour moi de me mettre encore dans la peau des autres, de créer encore des personnages, j'ai décidé d'arrêter. J'avais soixante-dix ans, c'était donc il y a un peu plus de deux ans. Et comme je voulais quand même faire quelque chose, je me suis mis à être mon propre personnage. Au lieu de chercher tout sur l'homme en étudiant les autres, essayer de le faire en m'étudiant moi-même.