A la maison, ce n’était pas Zola, on mangeait bien. Mais ce n’était pas l’opulence non plus. Tout bourgeois que je suis devenu, je n’ai pas oublié d’où je viens. Ma mère n’a pas bossé pour rien. Elle est fière. Évidemment, elle a vécu à travers mon parcours une forme de revanche sociale. Le sentiment de classe, c’est douloureux.

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Juger, c’est comprendre à un instant T ; la bonne sentence d’hier serait aujourd’hui déplacée, la juste peine d’aujourd’hui sera ridicule demain.
En matière judiciaire, la morale a souvent le visage des évidences trop faciles et les oripeaux de la présomption de culpabilité.
Oui, il m’est arrivé de plaider l’innocence d’un individu alors que j’avais l’intime conviction qu’il était coupable. Le jour où je deviens le juge de celui que je défends, j’arrête le métier. Est-ce qu’un médecin peut refuser de soigner une cirrhose à un alcoolique ?
Défendre ceux que l’on aime c’est aussi, c’est surtout, leur construire un monde où la justice l’emporte sur la violence, le courage sur la lâcheté, la politique sur la démagogie.
Il suffit d’avoir un peu fréquenté la justice dans sa quotidienneté pour se rendre compte qu’il y a des vérités plurielles, mais pas une vérité. Il y a une vérité judiciaire qui n’est pas toujours la vérité. À partir de cela, la justice doit être rendue dans l’humilité
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J’aime rouler sur l’autoroute, surtout la nuit. C’est propice à l’introspection. Avec du Ferré, c’est magique.
Prendre la route entraîne parfois un sentiment de liberté, même si c’est illusoire.
Le médecin n’a pas de raisons de revoir son patient une fois qu’il l’a guéri. C’est pareil pour moi : je rentre dans la vie de mes clients parce qu’ils m’ont choisi professionnellement, j’essaye de remettre les choses en état, de défendre leur vérité, puis je pars comme je suis venu. J’aime cette idée : rentrer dans la vie d’un type, lui rendre sa liberté, puis partir parce que tu n’as rien à y faire, dans sa liberté. C’est tellement beau.
L’argent, c’est un signe de réussite sociale, de notoriété, pas forcément de compétence. Il y a des avocats médiatiques, sollicités, onéreux qui sont des daubes. Et d’excellents avocats qui font le choix de défendre les modestes.
Le vin, comme la nuit, révèle les êtres. Il faudrait recommander de boire avec excès plutôt qu’avec avec modération. L’alcool libère les langues et les esprits, révèle les âmes généreuses et les natures ombrageuses. Et les cons aussi.