A cette époque-là, les Noirs n'avaient à leur disposition que des instruments qu'ils avaient bricolés eux-mêmes. J'étais quant à moi juste un petit gars qui soufflait dans un peigne recouvert de papier de soie. Je jouais dans un spasm band. J'avais en tête un sacré proverbe eskimo. Une phrase sans bluff qui dit, écoutez bien, qu'à force d'espérer une fleur, on la fait naître. Et ainsi en usions-nous avec la musique. Elle était au bout de nos doigts et dans le souffle de nos poumons. Elle serait ce que nous allions en faire.

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La santé c'est une chose. Mais la perte de l'amour, c'est de la gangrène à l'état ras. Un mal pernicieux qui ne se lit pas sur la feuille de température, un truc qui hurle pendant des semaines. Qui se mesure à l'humeur. Parce que dès que vous êtes seul, vous morflez. Dès que vous fermez les paupières, vous repensez à votre histoire d'amour prise dans les glaces.
Parfois, à force de remonter les sentiers abandonnés et de buter sur les vieilles souches de nos croyances, de grosses larmes ravinent les joues du rescapé d'Auschwitz, et, douce comme une pluie d'automne, son angoisse me recouvre.
Elle se persuadait qu'à trop oublier qui l'on est, on s'efface, on s'amenuise.
Rien ne peut désarmer la rancune si elle remonte à l’enfance.
L'opinion des autres est une prison.
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J'avais en tête un sacré proverbe eskimo. Une phrase sans bluff qui dit, écoutez bien, qu'à force d'espérer une fleur, on la fait naître.
Le temps est un accomplissement. Le présent se dévide. Le futur n'est presque rien. Trente secondes peut-être ? C'est bien possible. Nous sommes sans défense.
Jamais les arbres ne ramassent leurs feuilles, savait Bazelle. Automne après automne, elle sentait s'alourdir le poids de ses hanches et tandis que d'âge en âge son esprit ressassait, elle se persuadait qu'à trop oublier qui l'on est, on s'efface, on s'amenuise.
Elle se persuadait qu'à trop oublier qui l'on est, on s'efface, on s'amenuise.
Ainsi vont les secrets qu'on enferme. Ils peuplent la nuit et aident les jours à galoper plus vitement.